
En quatre jours, Ousmane Sonko a transformé une éviction en victoire. Limogé le 22 mai de son poste de Premier ministre par le président Bassirou Diomaye Faye, il a été élu dès ce mardi 26 mai à la tête de l’Assemblée nationale du Sénégal. Avec 130 voix sur 133 suffrages exprimés, le leader du PASTEF transforme une éviction gouvernementale en une victoire institutionnelle majeure.
Une rupture historique entre deux anciens alliés
Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a mis fin, dans la soirée du vendredi 22 mai, aux fonctions de son Premier ministre ainsi qu’à celles de l’ensemble du gouvernement. L’annonce a été faite à la télévision nationale par le secrétaire général de la présidence, Oumar Samba Ba. Cette décision marque une rupture spectaculaire entre les deux hommes qui avaient conquis le pouvoir ensemble en 2024.
Selon plusieurs observateurs, ce limogeage intervient dans un contexte de désaccord profond sur la gouvernance du pays. Ousmane Sonko avait soutenu la candidature de Bassirou Diomaye Faye à l’élection présidentielle du 24 mars 2024 après sa propre inéligibilité. Une fois élu, le président Faye l’avait nommé Premier ministre pour conduire le projet de rupture annoncé aux Sénégalais. Mais les tensions entre les deux anciens compagnons de lutte n’avaient cessé de s’aggraver, notamment autour des ambitions présidentielles affichées de Sonko pour 2029 et de désaccords sur la gestion économique du pays.
Un rebond éclair, une crise institutionnelle inédite
Dans la foulée du limogeage, le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, a annoncé sa démission de la tête du Parlement. Un scénario qui semble avoir été pensé à l’avance pour faire place à l’ex-Premier ministre, qui a demandé à réintégrer la représentation nationale pour reprendre son mandat de député.
Unique candidat à cette élection, Sonko a recueilli 130 voix favorables sur 133. Il succède ainsi à El Malick Ndiaye, qui avait récemment démissionné dans « l’intérêt supérieur de la nation ».
Le Sénégal entre ainsi dans une configuration politique sans précédent dans son histoire post-indépendance : un exécutif présidentiel privé de sa majorité naturelle au Parlement, face à une Assemblée nationale dominée par le parti du Premier ministre fraîchement limogé. Si le PASTEF, avec ses 130 sièges et ses alliés, choisit la confrontation institutionnelle, Bassirou Diomaye Faye se retrouvera dans une situation de cohabitation hostile au sens fort du terme.
Sonko, numéro deux de l’État
En devenant président de l’Assemblée nationale, Sonko accède au rang de deuxième personnalité de l’État. Il obtient une plateforme institutionnelle puissante lui permettant d’influencer directement l’action gouvernementale. La situation devient particulièrement délicate pour Bassirou Diomaye Faye, qui doit désormais composer avec son ancien mentor, devenu chef du pouvoir législatif et soutenu par la majorité parlementaire.
Par : La Rédaction
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