
Le gouvernement de la République du Mali a officiellement annoncé, dans un communiqué signé le 4 juin 2026 par le général de division Daoud Aly Mohammedine, ministre de la Sécurité et de la Protection civile, l’allocation d’une enveloppe de 7,5 milliards de francs CFA (environ 11,4 millions d’euros) en récompense de tout renseignement fiable menant à l’arrestation ou la neutralisation de sept chefs terroristes activement recherchés.
Les sept individus mis à prix
- Iyad Ag Ghaly, alias Abou al-Fadel — 2 milliards FCFA — Chef du JNIM, lié à Al-Qaïda
- Hamadoun Hassan Sangaré/Barry, alias Amadou Kouffa — 1,5 milliard FCFA — Chef de la Katiba Macina
- Abdoulaye Mamoudou Bakaye Diallo, alias Jouleybib de Nampala — 1,5 milliard FCFA
- Alghabass Ag Intalla — 1 milliard FCFA
- Abderrahmane Al-Batna Al-Jazairi — 500 millions FCFA
- Sedane Ag Hita, alias Outhman Al Ansari — 500 millions FCFA
- Bilal Ag Acherif — 500 millions FCFA
Contexte
Ces mises à prix font suite aux attaques coordonnées du 25 avril 2026 menées par le JNIM et ses alliés, au cours desquelles le ministre malien de la Défense Sadio Camara a été tué dans un attentat-suicide. La ville stratégique de Kidal est également tombée aux mains des rebelles ce même jour, constituant un camouflet majeur pour la junte du général Assimi Goïta, au pouvoir depuis le coup d’État de 2021.
Iyad Ag Ghaly, chef du JNIM et figure la plus recherchée du Sahel, est inscrit sur la liste des sanctions de l’ONU, sur la liste américaine des terroristes, et visé par un mandat d’arrêt de la CPI pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
Modalités
Les récompenses seront versées uniquement en échange de renseignements fiables et vérifiés. L’anonymat et la sécurité des informateurs sont strictement garantis. Un QR code figure sur les avis de recherche pour contacter les canaux sécurisés du ministère de la Défense.
Une stratégie spectaculaire, mais des questions sans réponse
Sur le papier, l’annonce est historique. Dans les faits, elle soulève autant de questions qu’elle n’apporte de réponses.
La junte de Bamako, qui a expulsé les forces françaises de Barkhane en 2022 puis la MINUSMA en 2023, au nom de la souveraineté nationale, se retrouve aujourd’hui à reproduire une méthode directement inspirée du modèle américain des programmes de primes — celui-là même qu’elle dénonçait comme une ingérence étrangère. Le retournement est saisissant.
Par ailleurs, la chute de Kidal le 25 avril 2026 intervient trois ans après que la junte avait présenté la reprise de cette ville en 2023 comme une victoire historique. Aujourd’hui, la ville est de nouveau perdue. Ce recul militaire brutal pose une question légitime : à quoi ont servi ces trois années de partenariat assumé avec le groupe Wagner, rebaptisé Africa Corps, si le territoire continue de se rétrécir ?
Pour Bamako, c’est la guerre totale. Pour les observateurs, c’est surtout la démonstration d’un pouvoir militaire sous pression, cherchant des réponses nouvelles à une crise sécuritaire qu’il n’a, pour l’heure, pas réussi à endiguer.

Par : La Rédaction
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