Burkina Faso : Miss interdites, Le capitaine Traoré choisit le contrôle absolu plutôt que la sécurité

© Issouf SANOGO / AFP / Le capitaine Ibrahim Traoré

Le 8 juin 2026, par le communiqué officiel numéro 2026-042 émis par Ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, le gouvernement du capitaine Ibrahim Traoré a suspendu tous les concours de Miss sur l’ensemble du territoire au nom des « idéaux de la Révolution Progressiste Populaire », invoquant un besoin « d’assainissement » pour garantir « l’éthique et la dignité humaine ». Ce contrôle moralisateur s’inscrit dans un projet politique plus vaste : le chef de la junte a officiellement enterré l’idée même de démocratie, refusant catégoriquement de présenter le moindre calendrier électoral et repoussant toute perspective de scrutin. Mais pour comprendre ce régime, il faut remonter le fil des interdictions — et elles ont commencé bien avant les podiums.

Derrière ces grands discours de moralisation publique, le bilan du pouvoir militaire s’avère de plus en plus critique, à des années-lumière des promesses initiales de redressement. Entre arrestations arbitraires en masse et dérive autoritaire, le pouvoir étouffe méthodiquement toute voix dissidente : de la fermeture de la grande mosquée sunnite de Ouagadougou après l’arrestation de son imam à la suspension du syndicat des étudiants, le verrouillage est total. En moins d’un mois, 929 associations œuvrant dans les droits humains, la santé, l’éducation ou la défense des femmes ont été suspendues ou dissoutes, tandis que des organisations religieuses comme la Coordination des jeunes musulmans et l’association As Salam sont ciblées à leur tour. Pourtant, malgré cette répression généralisée menée au pas de course, le régime n’a absolument rien pu mettre en marche pour sécuriser et développer le pays.

Face à cette dérive, l’acteur culturel burkinabè Coulibaly Adams a fermement dénoncé les priorités du pouvoir en place. Selon lui, la stratégie du régime Traoré relève d’une diversion tragique face à la réalité du terrain :
​« Interdire les concours de beauté, les étudiants, les imams et les ONG, tout en laissant mourir des milliers de civils : voilà toute la « révolution » du capitaine Traoré — du contrôle sur les vivants, pendant que les morts s’accumulent. »

Par : D. Ouédraogo – correspondant Burkina

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