Le Général Sadio Camara tué dans un attentat à Kati : la junte perd son pilier sécuritaire

Le ministre malien de la Défense a péri le 25 avril 2026 dans l’explosion de sa résidence, ciblée par le JNIM lors d’une offensive nationale sans précédent. Sa mort, confirmée par Jeune Afrique et Le Figaro, prive la junte de son homme le plus redouté.

L’attaque kamikaze du JNIM contre la résidence de Sadio Camara

C’est dans les premières heures du samedi 25 avril 2026, alors que Bamako dormait encore, qu’une déflagration d’une violence extrême a déchiré le silence de Kati. La cible : la résidence privée du général Sadio Camara, ministre de la Défense et homme fort du régime militaire malien. Selon les informations confirmées par Jeune Afrique auprès de sources sécuritaires, et corroborées par Le Figaro, le général a été tué sur le coup. L’assaut a été mené à l’aide d’un véhicule piégé conduit par un kamikaze — une méthode caractéristique du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, qui a officiellement revendiqué l’attaque.

La déflagration, particulièrement puissante, a entièrement rasé la bâtisse et ses alentours, faisant 27 blessés parmi les riverains. Une partie de la famille du ministre aurait également péri dans l’explosion, selon Le Figaro.

Le rôle central de Sadio Camara dans le régime de transition

Sadio Camara n’était pas un ministre ordinaire. Architecte des deux coups d’État de 2020 et 2021 aux côtés d’Assimi Goïta, il incarnait la colonne vertébrale militaire du régime de transition. Sanctionné par le Trésor américain en 2023, il avait survécu aux purges internes, aux rivalités au sommet et aux pressions internationales pour demeurer l’homme indispensable de Bamako. En le ciblant, le JNIM ne frappe pas seulement un symbole : il décapite l’appareil sécuritaire d’un régime déjà fragilisé par cinq ans de gouvernance militaire sans résultats probants sur le terrain.

L’attaque de Kati s’inscrit dans une offensive nationale coordonnée — une première depuis 2012 — visant simultanément Bamako, Gao, Kidal et Mopti, révélant une alliance inédite et officiellement assumée entre le JNIM et le Front de libération de l’Azawad (FLA).

Les conséquences sécuritaires pour Assimi Goïta et la junte

La mort de Camara — si elle se confirme définitivement, certaines sources comme Africa Guinée évoquant encore une possible absence du ministre au moment des faits — pose une question brutale et légitime : comment le ministre de la Défense d’un pays en guerre a-t-il pu être atteint chez lui, dans la ville la mieux gardée du Mali ? La réponse est accablante pour la junte. Cinq ans après avoir promis de restaurer la sécurité en chassant la France, en expulsant la Minusma et en appelant les mercenaires russes de l’Africa Corps, le régime Goïta se retrouve incapable de protéger ses propres hommes. L’aéroport de Bamako a été fermé. Les ambassades américaine et onusienne ont confiné leur personnel. Kidal et Mopti sont partiellement tombées.

Ce 25 avril 2026 restera dans les annales comme le jour où le Mali a démontré que le pouvoir des armes sans légitimité populaire ni vision politique durable ne protège pas — il expose. La disparition du général Sadio Camara, véritable bras armé du régime, laisse Assimi Goïta politiquement et militairement affaibli au pire moment de son règne. Alors que le JNIM et le FLA annoncent la poursuite des combats, la junte doit désormais gérer le deuil d’un pilier, reconstituer une chaîne de commandement en pleine crise et répondre à un peuple qui attendait la paix. Le Mali brûle. Et les généraux n’ont plus de réponses.


⚠ Information sous réserve de confirmation officielle définitive des autorités maliennes.

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