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Hausse du carburant en Centrafrique : le nouveau choc tarifaire qui plonge le pays dans l’impasse

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La République centrafricaine s’est réveillée sous le choc d’une nouvelle réalité économique. Entrée en vigueur le 1er octobre 2026, la nouvelle grille tarifaire des produits pétroliers à la pompe s’impose comme un coup de massue pour une population déjà exsangue.

Cette mesure unilatérale introduit une distinction entre particuliers et gros consommateurs : le litre de Super passe à 1 150 FCFA (contre 1 050 FCFA) et le Gasoil à 1 400 FCFA (contre 1 250 FCFA) pour les premiers, tandis qu’il atteint respectivement 1 500 FCFA et 1 650 FCFA pour les seconds. Au-delà des chiffres, c’est toute une architecture socio-économique qui vacille, révélant au grand jour les fissures profondes du contrat social entre l’État et ses administrés.

L’impact de ce réajustement tarifaire ne se limite pas à la simple arithmétique des stations-service. Il agit comme un accélérateur de crise sur un tissu économique déjà fragilisé. Le pouvoir d’achat du citoyen reste totalement standard, sans aucune revalorisation salariale ni mesure d’accompagnement concrète pour amortir le choc.

Dans l’arrière-pays, où l’approvisionnement dépend du Cameroun, du Tchad et de la RDC, la disponibilité des produits devient hautement incertaine. Conjuguée à la hausse immédiate des coûts du transport urbain et interurbain, cette situation paralyse l’activité locale.

« Comment un citoyen peut-il continuer à respecter des autorités qui décident du jour au lendemain d’asphyxier son quotidien sans la moindre mesure d’atténuation ? » s’interroge Hubert Imandja, rencontré à la station Tradex du 4e arrondissement de Bangui, illustrant le sentiment général d’abandon.

Pour justifier cette décision, le gouvernement invoque les tensions géopolitiques et la crise au Moyen-Orient, brandissant l’argument de la subvention intenable et des contraintes d’approvisionnement mondiales.

Cependant, cet argument est balayé d’un revers de main par les figures de l’opposition et de la société civile. Lors d’une interview exclusive, Quentin NGBOUANDO a vertement rejeté cette justification, y voyant un paravent commode pour masquer l’échec de la gestion budgétaire interne et l’absence de diversification énergétique. De son côté, sur sa page officielle, Crépin Mboli-Goumba (figure du BRDC) a vigoureusement dénoncé ce qu’il qualifie de « système de mafia » organisé autour de la filière des hydrocarbures, illustrant le mutisme officiel des partis traditionnels face à la détresse ambiante, couplé à un climat de peur généralisée où de nombreux Centrafricains n’osent s’exprimer par crainte de représailles.

Face à cette onde de choc, les institutions de contrôle brilleront par leur inertie : aucune motion, interpellation ou débat d’envergure n’a émané de la représentation nationale, renforçant l’impression d’une chambre d’enregistrement déconnectée des réalités populaires.

Des organisations de veille comme « I gwé » et l’Observatoire pour la Gouvernance Démocratique (OGDC) montent au front. Le doctorant Elysée NGUEMALE et Quentin NGBOUANDO ont ainsi impulsé une dynamique de contestation, exigeant des comptes à travers une fronde médiatique et politique.

Cette crise conjoncturelle trouve un écho implacable dans le dernier rapport de la Banque mondiale sur la Centrafrique. L’institution financière y épingle les failles chroniques de la gouvernance publique et le manque d’impact inclusif des politiques étatiques.

Lorsque les arbitrages économiques se font systématiquement au détriment du bien-être des administrés, le principe même de la souveraineté par et pour le peuple perd tout son sens. La gouvernance solitaire observée aujourd’hui ne fait que creuser le fossé entre les sphères du pouvoir et une population plongée dans la précarité.

En voulant ajuster ses équilibres budgétaires par un décret unilatéral sur les hydrocarbures sans contrepoids social, le gouvernement centrafricain prend un risque politique majeur. Entre la peur du citoyen ordinaire, la colère sourde des usagers de la route et la structuration d’une contestation civile menée par l’OGDC et ses alliés, la Centrafrique navigue à vue. Plus que jamais, la question de la légitimité et de la redevabilité des dirigeants envers leur peuple se pose avec une acuité brûlante.

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