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Affaire Bazoum : Niamey convoque la diplomate de l’UE

Crédit photo : © Ministère des Affaires étrangères du Niger – Niamey, 12 mars 2026.

Niamey – La réaction des autorités militaires du Niger à la récente résolution du Parlement européen sur la situation de l’ancien président Mohamed Bazoum révèle une tension diplomatique croissante entre Niamey et ses partenaires européens. Le 12 mars 2026, le ministre nigérien des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, a convoqué à son cabinet la chargée d’affaires par intérim de la délégation de l’Union européenne au Niger, Nicoletta Avella, afin de lui remettre une lettre officielle de protestation.

Cette convocation intervient quelques heures seulement après l’adoption à Strasbourg d’une résolution du Parlement européen appelant à la libération immédiate et inconditionnelle de Mohamed Bazoum, renversé lors du coup d’État du 26 juillet 2023. Le texte, adopté à une large majorité par les eurodéputés, dénonce la détention prolongée de l’ancien chef de l’État et appelle les autorités militaires nigériennes à respecter les principes démocratiques et l’État de droit.

Une pression internationale qui s’accentue

Au-delà du cas de Mohamed Bazoum, la résolution européenne exprime également des préoccupations concernant l’évolution de la situation politique au Niger depuis la prise du pouvoir par les militaires. Les eurodéputés évoquent notamment les restrictions croissantes visant les libertés politiques, la pression sur les médias et les limitations imposées aux organisations de la société civile.

Le texte, adopté à une écrasante majorité par les eurodéputés (524 voix pour, 2 contre et 29 abstentions), exige la libération immédiate de Mohamed Bazoum et de son épouse, retenus à la résidence présidentielle de Niamey depuis le renversement du pouvoir en 2023.

Une réaction diplomatique ferme de Niamey

Face à cette prise de position européenne, les autorités nigériennes ont rapidement réagi. Lors de la convocation de la diplomate européenne, Niamey a dénoncé ce qu’il considère comme une ingérence dans ses affaires internes.

Dans la lettre remise à la représentante de l’Union européenne, le gouvernement nigérien a critiqué une attitude qu’il juge « paternaliste et condescendante » de la part des institutions européennes, affirmant qu’il n’acceptera « aucune injonction d’où qu’elle vienne ».

Cette réaction illustre la crispation croissante entre le pouvoir militaire nigérien et plusieurs partenaires occidentaux depuis le renversement de Mohamed Bazoum.

Un pouvoir militaire sous pression

Pour de nombreux analystes, la convocation de la représentante de l’Union européenne traduit surtout l’embarras diplomatique du régime face à la persistance du dossier Bazoum sur la scène internationale. Depuis le coup d’État de 2023, plusieurs organisations internationales et partenaires occidentaux continuent en effet de considérer Mohamed Bazoum comme le président légitime du Niger.

Plus de deux ans après sa chute, l’ancien chef de l’État demeure toujours retenu avec son épouse dans le palais présidentiel à Niamey, sans qu’une procédure judiciaire clairement établie n’ait été rendue publique.

Une confrontation diplomatique appelée à durer

Si la résolution du Parlement européen n’a pas de caractère juridiquement contraignant, elle constitue néanmoins un signal politique fort qui pourrait renforcer les pressions internationales sur le régime militaire.

Dans ce contexte, l’épisode de la convocation de la diplomate européenne illustre les tensions persistantes entre Niamey et une partie de la communauté internationale. Entre affirmation de souveraineté et isolement diplomatique croissant, les autorités militaires nigériennes se retrouvent confrontées à un dilemme stratégique.

Car au cœur de cette confrontation demeure une question centrale : celle de la détention de Mohamed Bazoum, devenue l’un des symboles les plus sensibles de la crise politique qui secoue encore le Niger.

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