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NIGER : LA DÉCHÉANCE DE NATIONALITÉ À RÉPÉTITION, JUSQU’OÙ IRA LA GOUVERNANCE DE TIANI ?

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Le régime du général Abdourahamane Tiani poursuit sa politique de déchéance provisoire de nationalité. Dans une nouvelle décision, cinq Nigériens — Amadou dit Ange Barou Chekaraou, Ouhoumoudou Mahamadou, Oumarou Moussa Ibrahim, Ousmane Abdoul Moumouni et Boubacar Seyni Souley — sont concernés. Les autorités leur reprochent notamment des faits liés à la sûreté de l’État, à l’ordre public et à leurs relations présumées avec des puissances étrangères.

Cette nouvelle liste vient s’ajouter à celles déjà établies depuis 2024. Neuf personnalités proches du régime de Mohamed Bazoum avaient notamment été frappées par la même mesure, avant d’autres cas, dont celui de Mariama Djibrine. La répétition de ces décisions fait désormais de la déchéance de nationalité une mesure récurrente dans la gouvernance de la transition militaire nigérienne. Human Rights Watch indique qu’au moins 18 opposants en exil avaient déjà été concernés depuis fin 2024.

Présentée par les autorités comme un instrument destiné à protéger les intérêts fondamentaux du Niger, cette pratique soulève néanmoins une interrogation : jusqu’où peut aller le pouvoir lorsqu’il prive, même provisoirement, certains de ses citoyens de leur nationalité ? À mesure que les listes s’allongent, le débat ne porte plus seulement sur les personnes visées, mais aussi sur la place de cette mesure dans la méthode de gouvernance du régime de Tiani.

D’aucuns font observer que cette mesure est scélérate en ce sens que le régime du général Tiani collabore avec des personnes qui ont pris les armes contre le pays. Et pire, à l’occasion d’une conférence publique à Alternative espaces citoyens, des juristes de l’Université de Niamey ont clairement fait savoir que cette ordonnance est en porte-à-faux avec les lois du Niger de l’indépendance à aujourd’hui. À propos de cette ordonnance controversée, le juriste constitutionnel Dr Boubacar Hassan a dit qu’il y a “détournement de la procédure” voire “un bouleversement de l’ordonnancement juridique du pays”.

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