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Afrique de l’Ouest : Le Lieutenant-colonel Jean-Claude Veh nommé à l’État-major de la Force de la CEDEAO en Guinée-Bissau

Le Lieutenant-colonel Jean-Claude Veh a pris ses fonctions de chef d’état-major de la Force de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) en République de Guinée-Bissau, selon des informations rapportées par l’Agence ivoirienne de presse (AIP). Il succède au Lieutenant-colonel Bley Kouassi à ce poste stratégique de la Mission d’appui à la stabilisation du pays.

Une suite dans les nominations de la mission

En poste depuis le 1er février 2026, l’officier ivoirien poursuit une série de nominations nationales à ce commandement. La Force de la CEDEAO, déployée en Guinée-Bissau, est constituée de contingents issus de Côte d’Ivoire, du Ghana, du Nigeria et du Sénégal, et son état-major est composé d’officiers provenant également du Bénin, de la Gambie, du Liberia, de la Sierra Leone et du Togo.

Éléments de parcours

Diplômé d’un DEUG II en géographie de l’Université Félix Houphouët-Boigny, Jean-Claude Veh a suivi la formation de la 38e promotion de l’École des forces armées (EFA) de Zambakro entre 2006 et 2008. Son évolution de carrière a suivi les échelons classiques : sous-lieutenant en 2008, lieutenant en 2010, capitaine en 2015, commandant en 2019 et lieutenant-colonel en 2023. Il a reçu, au cours de son parcours, la médaille de la Défense nationale française et le Prix d’Excellence 2022 au titre des Armées.

Un contexte régional sous tension

Cette nomination intervient dans un cadre sécuritaire et politique complexe. Si la CEDEAO a pu intervenir dans d’autres pays de la sous-région, comme au Bénin, son rôle en Guinée-Bissau fait l’objet d’un débat sur sa crédibilité. L’organisation n’a en effet pas réussi à empêcher le coup d’État du 26 novembre 2025, le neuvième que connaît le pays.

La pertinence de l’action régionale est aujourd’hui interrogée par plusieurs facteurs :

  • L’efficacité de la médiation : Après le putsch de novembre 2025, la transition a été prolongée et le scrutin reporté au 6 décembre 2026, suscitant des critiques sur la capacité de la CEDEAO à faire respecter les calendriers initiaux.

  • La posture de l’organisation : Des acteurs locaux remettent en cause la fermeté de l’institution, perçue par certains comme trop conciliante face à la junte au pouvoir.

  • Les défis de la mission : Entre les allégations de corruption – démenties par le Comité des chefs d’état-major – et la lutte contre le narcotrafic, la mission de stabilisation opère dans un environnement institutionnel fragile.

Dans ce contexte, le Lieutenant-colonel Jean-Claude Veh hérite d’une mission dont l’utilité réelle et la neutralité politique sont au cœur des préoccupations des populations bissau-guinéennes et des observateurs régionaux.

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