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Niger : après l’attaque de l’aéroport, le JNIM menace les civils de Niamey et entre dans une nouvelle phase de terreur

JNIM / © dailypost

Un porte-parole du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), identifié comme étant Abdel Majid al-Ansari, membre influent du groupe au Niger, a diffusé une vidéo contenant des menaces directes à l’encontre de la population civile de la capitale nigérienne, faisant basculer le conflit dans une dimension inédite et alarmante.

Le 18 juin 2026, aux premières lueurs de l’aube, l’aéroport international Diori-Hamani de Niamey a été le théâtre d’une attaque d’une violence inouïe. Revendiquée par le JNIM, branche sahélienne d’Al-Qaïda, cette offensive a soulevé de vives interrogations sur le bilan réel des victimes.

Si les autorités nigériennes font état de onze soldats et deux civils tués, contre vingt-deux assaillants neutralisés par les forces de défense, cette version officielle est contestée. De nombreux observateurs locaux et analystes indépendants dénoncent un bilan beaucoup plus lourd, avançant le chiffre de vingt-quatre soldats tués lors de l’affrontement. Cette divergence de chiffres entre la communication gouvernementale et les constats de terrain alimente un climat de tension et de suspicion au sein de la capitale.

Selon des résidents, les premiers coups de feu ont retenti à 6 heures du matin et ont duré au moins deux heures. C’est précisément cette mobilisation populaire, marquée par la capture de certains assaillants, qui est au cœur de la crise ayant suivi ces événements. Des témoignages font état de terroristes passés à tabac et tués par des habitants du quartier Talladjé. Des vidéos de ces scènes de lynchage ont largement circulé sur les réseaux sociaux, exacerbant les tensions.

La vidéo de menaces : le JNIM franchit un seuil dangereux

Dans une vidéo diffusée dans les jours suivant l’attaque, Abdel Majid al-Ansari, figure influente de l’organisation au Niger, a livré un message dont la teneur marque un tournant majeur dans la stratégie de communication du groupe jihadiste.

Le porte-parole a d’abord tenté de se poser en belligérant « sélectif », affirmant que toutes les opérations du JNIM ciblaient exclusivement les Forces de défense et de sécurité (FDS) et non les populations civiles. Mais il a immédiatement fait volte-face en déclarant que les scènes de lynchage de ses combattants — qu’il nomme « moudjahidines » — filmées et diffusées après le 18 juin constituaient une déclaration de guerre de la part de la population de Niamey.

S’appuyant sur une interprétation personnelle de la loi islamique, il a affirmé que l’islam autorise ses combattants à riposter contre quiconque les combat. Par conséquent, il a explicitement demandé à la population de Niamey de « se préparer à la riposte ».La menace ne s’arrête pas là : Abdel Majid al-Ansari a affirmé que le JNIM détient les images de toutes les personnes identifiables sur les vidéos de lynchage, et a lancé un avertissement glaçant : ces individus ne doivent plus se déplacer à l’intérieur du pays, sous peine d’être « traqués ». Il leur a cyniquement conseillé de « se réfugier dans les camps militaires » s’ils souhaitent rester en sécurité.

Enfin, il a déclaré que le JNIM n’a, jusqu’à présent, jamais posé de bombes à Niamey — laissant entendre, de façon à peine voilée, que cette retenue pourrait prendre fin.

Une escalade qui inquiète les experts

Cette vidéo s’inscrit dans un contexte de montée en puissance du JNIM. En moins de six mois, l’aéroport de Niamey a été visé à deux reprises, illustrant la vulnérabilité des infrastructures stratégiques.

L’attaque du 18 juin est révélatrice d’une nouvelle phase : celle de l’urbanisation du terrorisme. En ciblant désormais explicitement les civils et en brandissant la menace d’attentats à la bombe, le JNIM franchit une ligne que les analystes redoutaient. Pour les spécialistes du Sahel, ce glissement vers une rhétorique de punition collective constitue une violation flagrante du droit international humanitaire et un outil de terreur psychologique.

La junte face à un défi sécuritaire et politique majeur

Le Niger est dirigé depuis près de trois ans par une junte qui peine à endiguer les violences jihadistes. La vidéo d’Abdel Majid al-Ansari place le régime du général Tiani dans une position délicate : il doit condamner fermement les menaces contre ses citoyens, tout en gérant la réaction d’une population qui, en lynchant des assaillants, a peut-être offert au groupe jihadiste un prétexte pour justifier de futures attaques.

Pour l’Alliance des États du Sahel, l’heure est à une remise en question profonde de ses stratégies. Si elle ne parvient pas à transformer cette crise en opportunité pour repenser son approche, elle risque de voir s’effondrer le peu de crédibilité qui lui reste.

À l’heure où ces lignes sont rédigées, les autorités nigériennes n’ont pas encore répondu officiellement au contenu de la vidéo d’Abdel Majid al-Ansari. La communauté internationale, notamment l’Union africaine et les États-Unis qui ont déjà condamné l’attaque du 18 juin, suit la situation de très près.

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