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L’UJPLA hausse le ton et dénonce un enrôlement déguisé : « Éducation militaire et patriotique » des journalistes au Burkina Faso

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Dans une sortie sans détour, ce dimanche 16 août 2026 sur l’antenne de RFI (édition de 6h30 GMT), le président de l’Union des journalistes de la presse libre en Afrique (UJPLA), Yao Noël, a frontalement attaqué le dispositif d’éducation « militaire et patriotique » désormais imposé aux journalistes burkinabè. Verdict sans ambiguïté : la liberté de la presse et la sécurité des professionnels des médias sont directement menacées.

Le ton est donné dès les premiers mots. Pour Yao Noël, il ne s’agit ni d’un simple stage de formation, ni d’une initiative anodine de renforcement des capacités.

« Exposer les journalistes à une telle épreuve militaire et patriotique, pour nous, c’est une atteinte à la liberté de la presse et à la sécurité des journalistes », martèle-t-il au micro de RFI, plantant d’emblée le décor d’une confrontation ouverte entre l’organisation professionnelle et les autorités de la transition.

Un refus catégorique

Loin de se contenter d’une critique de façade, le président de l’UJPLA parle d’une manœuvre répétée. Selon lui, les militaires au pouvoir à Ouagadougou chercheraient, une fois de plus, à faire glisser les journalistes vers un terrain qui n’est pas le leur : celui de la sécurité et de la lutte antiterroriste.

« Notre union refuse avec fermeté cette façon de vouloir, une énième fois, enrôler les journalistes dans les questions de sécurité », affirme-t-il, sans laisser de place à l’ambiguïté.

« Ce n’est pas le rôle des journalistes d’aller combattre les terroristes »

Le cœur de l’argumentaire de Yao Noël tient en une phrase, qui résume à elle seule la ligne de fracture entre la profession et le pouvoir : à chacun son métier. Il rappelle que les militaires actuellement à la tête du pays avaient justifié leur prise de pouvoir par la nécessité de régler la crise sécuritaire et de vaincre le terrorisme — une mission, selon lui, qui leur incombe en propre, et à eux seuls.

« Ils sont outillés eux-mêmes, de façon congénitale, pour s’attaquer aux problèmes de terrorisme, aux problèmes de sécurité. Et ce n’est pas le rôle des journalistes d’aller combattre les terroristes », tranche-t-il, opposant ainsi un principe simple mais radical à l’entreprise de militarisation de la profession.

Une ligne rouge pour la presse burkinabè

En prenant publiquement position sur une radio internationale, l’UJPLA envoie un signal fort : celui d’une organisation professionnelle qui refuse toute confusion des rôles entre l’uniforme et la carte de presse. Au-delà du cas burkinabè, cette sortie interroge plus largement la place des médias dans les pays du Sahel confrontés simultanément à la menace terroriste et à des pouvoirs de transition militaire — un contexte où la tentation d’instrumentaliser la presse à des fins patriotiques ou sécuritaires n’a jamais été aussi forte.

Reste à savoir si cet appel sera entendu par les autorités de Ouagadougou, ou si le bras de fer entre la profession et le pouvoir militaire ne fait, au contraire, que commencer.

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