Sahel d’Afrique — Barre des rubriques
À la une

Guinée : Doumbouya frappe fort au sommet de l’État, trois têtes tombent sans explication officielle

Loading

Coup de tonnerre dans l’appareil d’État guinéen. Par une série de décrets lus vendredi 21 août à la télévision nationale, le président Mamadi Doumbouya a mis fin aux fonctions de deux ministres et d’un conseiller présidentiel, plongeant Conakry dans les spéculations.

Trois départs simultanés

Sont concernés :

  • Mourana Soumah, ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation

Les textes lus à l’antenne ne détaillent aucun motif individuel. L’intérim des deux ministères doit être assuré par leurs secrétaires généraux respectifs, en attendant la nomination de successeurs.

Un magistrat également radié le même jour

Ce même 21 août, un quatrième décret a frappé la magistrature : Algassimou Diallo, jusque-là avocat général près la Cour suprême, a été radié du corps de la magistrature pour « manquements aux obligations statutaires particulières de réserve, d’honneur, de dignité, de probité et de loyauté ». La sanction s’accompagne du retrait de son grade de commandeur de l’Ordre national du Mérite de Guinée, ainsi que de la perte des droits et prérogatives attachés à cette distinction.

Doumbouya invoque la lutte contre la corruption

Quelques heures après la diffusion des décrets, le chef de l’État a apporté un éclairage politique, sans toutefois établir de lien direct avec une faute précise. Sur les réseaux sociaux, il a justifié sa décision par son exigence d’exemplarité envers son entourage, déclarant : « contre la corruption, ma main ne tremblera pas ». Il a ajouté qu’aucune proximité avec le pouvoir ne mettait quiconque à l’abri de la rigueur républicaine.

Des rumeurs d’auditions démenties quelques jours plus tôt

Fait notable : des rumeurs faisant état d’auditions visant les deux ministres circulaient depuis plusieurs jours avant l’annonce. Elles avaient pourtant été formellement démenties par le porte-parole de la présidence, Amara Camara. Aucune source officielle n’a depuis établi de lien entre ces rumeurs et les limogeages du 21 août.

Prudence de rigueur

En l’absence de tout document ou déclaration reliant nommément l’un des trois responsables à un dossier de corruption, il serait prématuré d’affirmer que leur éviction sanctionne une affaire précise. Le président a placé ces départs sous le signe général de la lutte contre la corruption et de l’exemplarité administrative, sans jamais nommer d’infraction ni de responsable individuellement mis en cause.

Reste à savoir si de nouvelles nominations, ou une prise de parole plus détaillée de la présidence, viendront éclairer les raisons exactes de ce remaniement surprise.

Partager cet article

Laisser une réponse

À lire aussi

En savoir plus sur Sahel d'Afrique

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture

En savoir plus sur Sahel d'Afrique

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture