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RCA – Nationalité, passeport, éligibilité : ce que répond Anicet Georges Dologuélé aux accusations du Gouvernement

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Interview accordée à notre rédaction de Sahel d’Afrique, samedi 29 août 2026

Lors d’une récente sortie publique devant la presse nationale et internationale, le Ministre de la Communication et des Médias, Dr Evariste Ngamana, a affirmé que la délivrance du passeport centrafricain d’Anicet Georges Dologuélé était conditionnée par l’envoi d’une demande formelle de « réintégration dans la nationalité centrafricaine », adressée au Président de la République, Faustin Archange Touadéra, en vertu des dispositions prévues par le Code de la nationalité de 1961. Une posture qui suscite de graves interrogations quant au respect de la Constitution et des décisions rendues par les plus hautes juridictions du pays. Interrogé par notre rédaction, le président du parti URCA n’a pas mâché ses mots.

Pour lui, le débat est déjà tranché sur le plan juridique. Le Conseil constitutionnel, rappelle-t-il, a déjà statué définitivement sur la question de sa nationalité en validant ses candidatures successives et en reconnaissant qu’il n’a jamais perdu la nationalité centrafricaine d’origine, faute de tout décret d’échéance ou de déchéance à son encontre. Il souligne par ailleurs qu’il exerce actuellement le mandat de Député de la Nation pour la circonscription de Bocaranga 1, après validation de son élection par les institutions compétentes. Dès lors, s’interroge-t-il, comment le Gouvernement peut-il prétendre exiger une « réintégration » d’un parlementaire siégeant à l’Assemblée nationale, alors même que la nationalité centrafricaine constitue une condition indispensable pour être éligible selon les lois du pays ?

Anicet Georges Dologuélé va plus loin en pointant du doigt ce qu’il considère comme une manœuvre juridique dangereuse. En invoquant une disposition du Code de 1961 relative à l’acquisition de la nationalité française pour déclarer caduque sa nationalité d’origine, le Gouvernement créerait, selon lui, délibérément un cas d’apatridie administrative, une situation pourtant formellement interdite par les traités internationaux ratifiés par la République Centrafricaine. Il rappelle à ce titre avoir déjà renoncé à la nationalité française.

Sur la question du passeport lui-même, l’opposant est catégorique. Document d’identité et de voyage, le passeport garantit la liberté de circulation reconnue par la Constitution. En refusant sa délivrance sous des prétextes juridiques qu’il juge surannés, le Gouvernement serait, selon lui, en train d’exécuter une sanction politique déguisée, assimilable à une véritable assignation à résidence de fait visant un leader de l’opposition.

Interrogé enfin sur la pression politique exercée à son encontre par le régime en place, notamment à travers les menaces de solliciter ses collègues parlementaires pour obtenir sa destitution de l’Assemblée nationale, Anicet Georges Dologuélé laisse entendre qu’il ne compte pas rester sans réaction et évoque d’autres leviers pour faire respecter ses droits, sans en dévoiler davantage à ce stade.

Propos recueillis par notre correspondant en République centrafricaine, Jonathan Débonnaire Gonissere, pour la rédaction de Sahel d’Afrique.

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