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Mali : après les attaques du 4 juillet, l’opposition en exil hausse le ton contre la junte

Trois jours après une vague d’attaques coordonnées ayant visé cinq localités maliennes, le climat politique se durcit. Tandis que l’état-major malien annonce des opérations de « nettoyage », le gouvernement de la Transition civile du Mali en exil, installé à Genève, a publié un communiqué appelant à la chute de la junte au pouvoir à Bamako.

Ce que l’on sait des attaques

Le samedi 4 juillet, vers 5h40 du matin, des combattants du Front de libération de l’Azawad (FLA, séparatiste touareg) et du Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM, lié à Al-Qaïda) ont mené des assauts coordonnés contre des positions des Forces armées maliennes (FAMa) à Gao, Anéfis, Aguelhok, Sévaré et Kéniéroba, avant que les combats ne s’étendent à Konna et au secteur de Somadougou-Soufroulaye. Une prison a également été visée à Kéniéroba.

L’état-major malien affirme avoir repoussé les assauts, faisant état d’une trentaine d’assaillants neutralisés, sans bilan chiffré indépendant. Le FLA et le JNIM ont chacun revendiqué des gains sur le terrain, notamment autour d’Anéfis, où des frappes aériennes maliennes se poursuivaient encore le 6 juillet. Ces affirmations concurrentes n’ont pas été vérifiées de façon indépendante à ce stade. Il s’agit de la deuxième offensive coordonnée de cette ampleur depuis une précédente vague d’attaques, le 25 avril, qui avait notamment coûté la vie au ministre malien de la Défense, Sadio Camara.

La réaction du gouvernement en exil

Dans un communiqué daté du 7 juillet, le gouvernement de la Transition civile du Mali — une structure de la diaspora malienne basée à Genève, condamne « sans réserve » les attaques et appelle à la « désescalade ».

Contacté par notre rédaction, Adaman Touré, Premier ministre de ce gouvernement en exil, a précisé ses engagements politiques. Membre du directoire du parti Bɛnbaw Tiɲɛtabagaw (Dignitaires des Institutions natives) — première formation indigéniste et fédéraliste du Mali établie à Kangaba — et secrétaire général du Panel des démocrates, M. Touré insiste sur la nécessité d’une alternative politique crédible face à la situation actuelle.

Le communiqué va d’ailleurs bien au-delà d’une simple condamnation : il qualifie la junte du CNSP de régime « putschiste », responsable de « crimes de guerre » et d’un « régime de terreur ». Le document exige le retrait pur et simple de la junte au profit d’une « passation pacifique du pouvoir ».

Le texte appelle également l’armée malienne à « déposer la junte », les groupes armés à privilégier le dialogue avec les institutions de la Transition civile plutôt qu’avec Bamako, et promet l’« indignité nationale » à quiconque resterait fidèle aux autorités actuelles. Il défend enfin un projet politique précis : une nouvelle assemblée constituante, un processus constitutionnel « fédératif, indigéniste et décolonial » de cinq ans, et une reconnaissance élargie des droits des « communautés autochtones ».

Un rapport de force à préciser

Il est essentiel de noter que ce gouvernement en exil, né en 2024 au sein de la diaspora après la destitution judiciaire des autorités putschistes constatée par la Cour suprême, ne dispose d’aucune autorité effective sur le territoire malien. Le pouvoir réel reste exercé à Bamako par la junte dirigée par le général Assimi Goïta (CNSP), appuyée sur le terrain par l’Africa Corps russe. Les prises de position du gouvernement civil, aussi vigoureuses soient-elles, relèvent donc d’un rapport de force essentiellement symbolique et diplomatique, et non d’un contrôle effectif du pays.

De son côté, Bamako maintient sa ligne : pas de dialogue avec des « groupes armés terroristes » et nécessité de poursuivre la lutte antiterroriste comme condition de la souveraineté nationale — une position partagée publiquement par l’Union africaine, qui a condamné les attaques du 4 juillet.

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