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Coup d’État déjoué au Niger : logorrhée paranoïaque contre rhétorique républicaine

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Le Sage africain Ahmadou Hampaté Bâ, de son vivant, a légué à la postérité entière, dans son célèbre conte initiatique Kaidara, une pléiade de moralités que beaucoup auraient intérêt à revisiter.

Notamment ceux et celles qui ont, dans l’exercice de leurs tâches, l’insigne honneur de porter la parole publique. En toutes circonstances.

Il disait « Si observer est une qualité, savoir se taire préserve de la calamité ». Fin de citation.

L’actualité récente, triste et déplorable au Niger, confronté à une mutinerie unique en son genre depuis l’accession par la force des armes au pouvoir du Général Abdouramane Tiani, a été une occasion en or pour en user rationnellement, intelligemment et sagement.

Savoir se taire ou « parler pour parler » avec émotion. Il faut opérer un choix judicieux.

Certains rappelleraient, à juste titre, que « la parole est d’argent et que le silence est d’or ». D’autres ajouteraient quelques lumineuses références tirées des textes sacrés qui recommandent de savoir gérer sa langue et sa bouche.

« La mort et la vie sont au pouvoir de la langue .. » selon Proverbes 18-21 et « Craignez Allah et parlez d’une parole juste, afin qu’Il améliore vos actions et vous pardonne vos péchés » pour la Sourate Al Ahzab 33:70-71.

Hélas !

Logorrhée paranoïaque

Là où des professionnels des médias se sont abstenus et même des responsables au plus haut niveau des hiérarchies militaires voire des experts de la communication de crise ont fait profil bas, d’autres ont préféré donner dans l’irrationnel, l’émotion, la paranoïa frisant la schizophrénie. Accusations sans une once de preuves, indexation virtuelle, aucune image réelle, aucun support vrai ni factuel convainquant.

Du verbiage creux et du verbalisme faisandé cousu et décousu du fil blanc.

Ce capitaine nigérien Roger Gabriel, commando parachutiste, dit-on, a vraiment paradé dans son narratif prêt à penser. Aucune substance ni subsitance qui puissent convaincre le moins intelligent.

De toute façon, il a accepté de « faire le sale job » et de porter le chapeau. Il s’en remettra à sa conscience et à son subconscient de soldat dans cette sortie brouillée et après.

Rhétorique républicaine

En effet, et par contre, des leçons doivent être tirées et des ovations nourries vis-à-vis de ces porteurs de la parole responsable venus des quatre coins du monde après ces propos accusatoires et allégatoires.

La sortie très matinale du Général Salifou Modi, on peut ne pas y prêter ouïe ni valeur, mais, de mon point de vue, a été plus responsable, républicaine en fait de communication de crise. Laconique, mesurée pas anathémique du tout : « un groupe de soldats en rupture avec le règlement militaire. » « Un groupe » et non un groupuscule. Tout est clair.

Après lui, le Président Tchadien, en une ligne, fondée sur sa foi de musulman et du livre sacré, a été, on ne plus objectif et sérieux. Sourate Al Baqaral (2: 42) « Et ne mêlez pas le faux à la vérité. Ne cachez pas sciemment la vérité ».

A sa suite, le Docteur Mahmoud Ali Seid, Président de la CASAC a parlé « de manœuvre grotesque » et de « cabale mensongère ».

Si le Tchad n’est pas coutumier de cette grammaire insalubre, le Bénin, lui, est à sa nième accusation toujours sans preuve, il faut le rappeler.

Le silence plat adopté dans les premières allégations et qui a fait mouche en son temps, a donné lieu, depuis quelques temps à des sorties académiques, très structurées et empreintes de responsabilité politique, professionnelle et républicaine des autorités.

C’est ainsi que le Ministre Porte-parole Wilfried Léandre Houngbedji qui souhaitait aborder des sujets plus sérieux que des divers divertissants, a simplement souligné, en quelques phrases que « pour les mêmes raisons qui ont fait que hier le Bénin a été contre la déstabilisation du Niger, ce sont les mêmes raisons qui font que le Bénin sera contre aujourd’hui et demain ». Non sans ajouter un truisme « les Nigériens sont nos frères ».

En somme, le Bénin ne se retrouve pas dans ces manœuvres « de déstabilisation ou toute autre.

En attendant les réactions officielles des autres pays tels que la France et la Côte d’Ivoire qui ne seront pas loin de celles des précédents, il faut simplement retenir que la guerre de la communication n’aura pas lieu. Ils agiront dans la rhétorique de la défense et non de la justification. Car, celui qui veut s’excuser, s’accuse, forcément.

D’où « savoir se taire » et lutter plutôt contre ses démons internes et intérieurs peut mieux préserver des malheurs que de parler en lorgnant les paisibles anges extérieurs et externes.

A bon entendeur ! Vu

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