
Le 16 janvier 2026, le ministère malien de l’Administration territoriale et de la Décentralisation a pris une mesure radicale : interdire la circulation, la distribution et la vente du journal Jeune Afrique sur tout le territoire national. La décision, signée par le Général de Division Abdoulaye Maïga, s’appuie sur des accusations graves : apologie du terrorisme, diffamation, incitation à la haine, partialité journalistique.
François Soudan, directeur de la publication de Jeune Afrique, a réagi sur RFI en dénonçant une atteinte à la liberté de la presse et en défendant l’intégrité de sa rédaction. Le journal rejette les accusations portées contre lui et rappelle que ses enquêtes s’appuient sur des sources vérifiables et des témoignages croisés.
À la lecture du document officiel, plusieurs éléments interpellent. Les autorités dénoncent des « accusations fallacieuses » et une « absence d’objectivité », mais aucun article précis, aucune date de publication, aucun extrait incriminé n’est cité. Le ministère reproche à Jeune Afrique d’avoir évoqué des exactions et des tensions liées à l’approvisionnement en hydrocarbures, mais sans fournir de contre-argument ni preuve de désinformation.
Cette interdiction s’inscrit dans un contexte de rétrécissement de l’espace médiatique au Mali, où plusieurs voix critiques ont été muselées ces derniers mois. Le décret invoque la préservation de l’ordre public, mais l’absence de procédure contradictoire et de transparence fragilise la légitimité de la mesure.

Moussa Mahamadou Nazirou

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