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Le nouveau Boeing 737 présenté mercredi par les autorités maliennes est censé incarner le retour à la normale. Il n’incarne, en réalité, que l’ampleur des dégâts.
Un symbole qui en dit plus qu’il ne veut le montrer
L’appareil remplace celui détruit le 17 septembre 2024, quand des combattants du GSIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, affilié à Al-Qaïda) ont attaqué en même temps l’aéroport militaire de Bamako-Sénou et l’école de gendarmerie de Faladié, incendiant l’un des réacteurs de l’avion de commandement. Près de deux ans après, 15,6 milliards de FCFA (23,8 millions d’euros) plus tard, Bamako célèbre un nouvel avion. Mais ce que cet épisode a révélé, la capacité de groupes armés à frapper au cœur du dispositif présidentiel, dans la capitale, en plein jour — n’a pas disparu. Il s’est aggravé.
Le 25 avril 2026 : un ministre de la Défense tué, six villes frappées en une journée
Le 25 avril 2026, une offensive coordonnée menée par le JNIM et le Front de libération de l’Azawad (FLA) a visé le même jour Bourem, Bamako, Kati, Sévaré, Sénou et Mopti. Le général Sadio Camara, ministre de la Défense et véritable homme fort de l’appareil sécuritaire malien, a été tué lors de cette offensive, sa résidence ayant été directement prise pour cible. Les séparatistes du FLA ont par ailleurs revendiqué la prise de Kidal, dans le nord, plongeant le gouvernement de transition dans l’incertitude sur le contrôle réel du territoire.
Perdre en une seule journée un général de corps d’armée devenu ministre de la Défense, pilier de la junte du général Assimi Goïta, n’est pas un simple revers tactique : c’est la preuve que l’appareil censé protéger l’État n’est plus en mesure de se protéger lui-même.
Bamako sous blocus : le siège que les autorités ne nomment pas
Cinq jours après cette offensive, le 30 avril 2026, le porte-parole du JNIM annonçait l’instauration d’un blocus routier total autour de Bamako. Ce blocus s’ajoute à ceux déjà imposés depuis 2025 à Kayes, Nioro du Sahel, Farabougou et Tombouctou, où l’interdiction de circulation des camions-citernes a provoqué pénuries de carburant, fermetures d’écoles et rationnement électrique. Amnesty International a qualifié la situation de véritable siège de la capitale. Des mois plus tard, malgré une trêve annoncée fin mars, les perturbations logistiques et les pénuries se poursuivent, jusqu’à cet été.
L’avion et la réalité
Un nouvel avion présidentiel, aussi moderne soit-il, ne change rien à cette équation : un ministre de la Défense assassiné, six localités frappées le même jour, une capitale sous blocus jihadiste depuis des mois. La communication officielle peut afficher la résilience de l’État à travers un aéronef flambant neuf. Le terrain, lui, raconte une autre histoire, celle d’un pays où l’insurrection ne recule pas, elle change simplement de méthode.


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