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Trois ans après avoir renversé Mohamed Bazoum au nom de la dignité nationale et de la rupture avec les puissances étrangères, le régime du général Tiani peut désormais contempler un autre symbole, bien moins glorieux : des files de citoyens nigériens, escortés par des militaires ghanéens jusqu’à la passerelle d’un avion, renvoyés de force à Niamey parce qu’ils mendiaient dans les rues d’Accra. Le contraste est brutal. Là où la junte promettait un Niger debout, maître de son destin et de ses ressources, c’est l’image d’un pays incapable de nourrir une partie de sa population qui s’exporte désormais chez ses voisins, saison après saison, vol après vol.
Ce n’est pas un accident isolé. Le phénomène était documenté bien avant le coup d’État — Dakar, Abidjan, Cotonou avaient déjà renvoyé des milliers de « mendiants » nigériens dans les années 2010 et au début des années 2020. Mais c’est justement ce qui rend le bilan de la junte si accablant : trois ans de rhétorique souverainiste, de rupture avec la CEDEAO, de discours sur la fierté retrouvée, et le problème structurel qui pousse des femmes et des enfants à mendier hors des frontières n’a pas seulement persisté, il s’est reproduit sous les yeux du monde entier, capturé cette fois par les caméras et partagé sur les réseaux sociaux. La souveraineté proclamée à Niamey ne semble pas avoir changé grand-chose au quotidien de ceux qu’elle prétendait libérer.
Reste que la comparaison a ses limites, et l’honnêteté oblige à le rappeler : la mendicité transfrontalière nigérienne a des racines anciennes — sécheresses récurrentes, insécurité jihadiste dans le Sahel, réseaux organisés qui exploitent des familles entières — et aucun gouvernement civil ou militaire n’en est venu à bout en une décennie. Attribuer l’intégralité de ce fléau à la seule junte relève autant de la charge politique que du constat froid ; ses partisans répondront que les sanctions régionales post-coup ont elles-mêmes aggravé la précarité qu’on lui reproche. Mais l’image reste, et elle est difficile à effacer : un pouvoir qui a fait de la fierté nationale son étendard voit ses propres ressortissants humiliés sur un tarmac, à des milliers de kilomètres de chez eux.

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D’accord avec l’information, mais votre verbiage est faux, dégoûtant et ne saurait être le fardeau du commandement de Tiani.