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L’interdiction par les autorités municipales de la ville de Niamey du congrès constitutif de la CNTN-DIGNITÉ, prévu les 13 et 14 août 2026, continue de susciter de vives réactions dans les milieux syndicaux nigériens.
Formalisée par un arrêté pris le 12 août 2026 par l’Administrateur délégué de la ville de Niamey, cette décision a officialisé le blocage de l’événement en invoquant divers textes réglementaires et visas administratifs. Pour les responsables et militants proches de cette nouvelle centrale syndicale, cet acte d’autorité constitue une forme d’acharnement direct contre Halidou Mounkaila, figure majeure du mouvement syndical nigérien et personnalité désormais au centre d’une importante recomposition du paysage syndical.

Halidou Mounkaila avait été reconduit au poste de secrétaire général de la CNT à l’issue du congrès des 27 et 28 novembre 2025, pour un mandat de quatre ans. La crise interne qui a ensuite secoué la centrale a profondément divisé le mouvement syndical et conduit plusieurs organisations à prendre leurs distances avec la CNT.
C’est dans ce contexte qu’une trentaine de syndicats se sont désaffiliés de la CNT en avril 2026 pour participer à la création d’une nouvelle centrale syndicale, la CNTN. Cette nouvelle dynamique qui compte au 12 août 2026 53 syndicats doit aboutir à la tenue du congrès constitutif de la CNTN-DIGNITÉ, aujourd’hui entravé par la décision municipale.
Un parcours qui rappelle certaines figures de l’opposition
Pour ses soutiens, la situation actuelle de Halidou Mounkaila présente certaines similitudes, sur le plan de la trajectoire militante et du rapport aux pouvoirs en place, avec celle de grandes figures politiques ayant connu de fortes confrontations avec les autorités.
Au Sénégal, Ousmane Sonko, ancien syndicaliste et aujourd’hui Premier ministre, s’est imposé comme une figure majeure de la contestation politique avant d’accéder au pouvoir. Au Niger, feu Hama Amadou, ancien Premier ministre et grande figure de l’opposition, avait également connu de nombreuses confrontations politiques et judiciaires avec les pouvoirs successifs.
Dans les milieux proches de Halidou Mounkaila, certains vont jusqu’à considérer que le leader syndical serait aujourd’hui « dans le viseur », à l’image de ces figures qui, à différentes périodes, ont incarné une opposition forte aux pouvoirs établis.
Cette comparaison doit toutefois être comprise comme une lecture politique de ses partisans, et non comme l’établissement d’un lien direct entre les situations de Sonko, Hama Amadou et Mounkaila.
Au-delà de la personne de Halidou Mounkaila
L’enjeu dépasse désormais la seule personnalité du secrétaire général contesté de la CNT. Il touche directement à la question de la liberté syndicale, du droit des travailleurs à créer leurs organisations et à choisir librement leurs représentants.
L’interdiction de ce congrès par voie d’arrêté intervient ainsi à un moment particulièrement sensible. Pour ses promoteurs, elle risque de renforcer le sentiment d’exclusion et de persécution déjà exprimé par une partie du mouvement syndical.
La situation appelle donc, plus que jamais, au respect des textes, au dialogue social et à la recherche d’une solution pacifique à la crise qui traverse actuellement le mouvement syndical nigérien.
Car au-delà des rivalités de personnes et des querelles de leadership, c’est la crédibilité de la liberté syndicale et du dialogue social au Niger qui se trouve aujourd’hui interpellée.


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