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Niger : la junte suspend neuf médias internationaux pour mieux régner

La junte militaire nigérienne a ordonné, le vendredi 8 mai 2026, la suspension immédiate de neuf médias internationaux sur l’ensemble du territoire national, dans ce qui constitue l’offensive de censure la plus vaste depuis le coup d’État du 26 juillet 2023.

L’Observatoire national de la communication (ONC) a visé France 24, RFI, l’AFP, TV5 Monde, TF1 Info, Jeune Afrique, Mediapart, France Afrique Media et LSI Africa, accusés de diffuser des contenus susceptibles de « mettre gravement en péril l’ordre public ». La mesure couvre les bouquets satellitaires, plateformes numériques, sites internet et applications mobiles. Aucune preuve des contenus incriminés n’a été rendue publique.

Le Niger s’inscrit dans une dynamique sahélienne coordonnée : le Burkina Faso, allié au sein de l’Alliance des États du Sahel, avait lui aussi interdit la diffusion de TV5 Monde dès le 5 mai, après avoir déjà suspendu plusieurs autres médias occidentaux. Les deux pays rejoignent ainsi le Mali, qui avait ouvert la voie en bannissant RFI et France 24 depuis plusieurs années. La décision intervient par ailleurs à quelques jours du sommet Africa Forward à Nairobi, auquel Niger, Mali et Burkina Faso ont refusé de participer.

Six journalistes sont encore détenus au Niger, et le pays a dégringolé de 37 places dans le classement RSF 2026, se classant 120e sur 180 pays.

La rhétorique souverainiste du régime ne résiste pas à l’examen : sans procédure contradictoire ni droit de réponse, la « protection de l’ordre public » ressemble davantage à la protection du pouvoir lui-même.

Par : Moussa Mahamadou Nazirou


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