
L’affaire suscite de vives réactions des deux côtés de la frontière. Le journaliste et blogueur malien Aziz Maïga, plus connu sous le pseudonyme « Aziz Maïga ne ment pas », a été interpellé à Abidjan dans la soirée du dimanche 3 mai 2026. Cette information a été confirmée par une source familiale, en l’occurrence son frère.
Qui est Aziz Maïga ?
Journaliste-blogueur résidant à Bamako, Aziz Maïga figure parmi les informateurs les plus suivis du pays. Directeur général de l’agence de communication DIFACOM, il anime une communauté de près de 59 000 abonnés. Son travail a d’ailleurs été reconnu par ses pairs, lui valant le Prix Kéwale 2024 du meilleur journaliste.
Des circonstances qui interrogent
Selon plusieurs sources concordantes, l’interpellation a eu lieu à l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny de Port-Bouët, alors qu’il s’apprêtait à quitter le territoire ivoirien.
Le mode opératoire de son voyage suscite des interrogations : Aziz Maïga aurait quitté Bamako le 27 avril par voie terrestre, sans signaler son déplacement sur les réseaux sociaux. Cette discrétion, inhabituelle pour ce communicant, aurait attiré l’attention des services de renseignement ivoiriens.
Pourtant, selon ses proches, ce manque de transparence ne cacherait aucune intention malveillante. Aziz Maïga aurait agi sur un simple coup de tête pour accompagner un ami artiste qui se rendait au Sénégal. Pris par l’enthousiasme de ce voyage improvisé dans un pays qu’il affectionne, il aurait, selon son entourage, oublié son statut de journaliste étranger et les contraintes sécuritaires liées à la région.
Journaliste ou activiste ?
Des sources proches du dossier indiquent que l’intéressé s’est présenté comme journaliste, sans toutefois pouvoir produire de carte de presse ni d’ordre de mission professionnelle. Du côté d’Abidjan, son profil est perçu différemment : il est décrit comme un acteur de l’influence numérique proche de la Primature malienne. Ses deux formations suivies en Russie et son rôle de relais pour la communication de la transition du général Assimi Goïta pèsent lourd dans l’analyse des autorités ivoiriennes.
Un précédent et un silence pesant
Cette arrestation rappelle celle du député malien Mamadou Hawa Gassama, interpellé dans des conditions similaires. Condamné en janvier 2026 pour offense au chef de l’État ivoirien, il avait finalement été libéré douze jours après sa condamnation, après avoir bénéficié d’une grâce présidentielle.
À ce jour, ni Bamako ni Abidjan n’ont communiqué officiellement sur les charges retenues contre Aziz Maïga. Sa famille, qui a mis en place une cellule de crise, affirme n’avoir plus aucun contact direct avec lui.
Par : Moussa Mahamadou Nazirou


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