
Le régulateur nigérien de la communication a prononcé le 8 mai la suspension de neuf médias étrangers, dont RFI et France 24. Le CDN conteste la décision et dénonce une atteinte à la liberté de la presse.
L’Observatoire National de la Communication du Niger (ONC) a annoncé le 8 mai 2026 la suspension de plusieurs médias internationaux, invoquant des atteintes à l’ordre public, à l’unité nationale et à la stabilité des institutions de la République. Parmi les organes visés figurent RFI, France 24, TV5 Monde, Jeune Afrique, l’AFP, Mediapart, TF1, France Afrique Média et LSI Africa, soit les principales sources d’information francophones accessibles au Niger. La BBC avait déjà subi une mesure similaire auparavant.
Cette décision intervient quelques jours après la Journée internationale de la liberté de la presse, célébrée le 3 mai. Le Cadre de Lutte contre les Dérives du Niger (CDN), regroupement de journalistes, juristes et membres de la société civile — a publié le même jour un communiqué dénonçant une mesure « liberticide » prise sur « injonction de la junte du Général Tiani ».
Le CDN affirme que cette mesure vise avant tout à « détourner l’attention des Nigériens de leurs vraies préoccupations ». Selon l’organisation, la junte cherche à occulter les défis majeurs tels que « l’insécurité croissante, la corruption, la cherté de la vie et la précarité sociale » en se trouvant un « bouc-émissaire » à travers la presse étrangère. Le communiqué souligne que priver les citoyens d’informations indépendantes répond au « dessein mesquin d’avoir un peuple crétinisé, incapable de cerner les vrais enjeux du moment ».
L’organisation pointe par ailleurs une dégradation documentée de la liberté de la presse : selon Reporters Sans Frontières, le Niger a reculé de 37 places dans le classement mondial en un an. Le CDN signale également que cinq journalistes sont actuellement détenus et que d’autres font l’objet de poursuites sur la base de la législation sur la cybercriminalité.
Ni l’ONC ni les autorités militaires n’avaient fourni de réponse officielle aux griefs du CDN au moment de la publication de cet article. Le CDN appelle par ailleurs à un retour à l’ordre constitutionnel et exprime son soutien aux journalistes incarcérés.

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