À la une

« Paradis des investisseurs », enfer des travailleurs : Le drame des 169 licenciés de la SRTB

Un total de 169 travailleurs de la Société de Radio et Télévision du Bénin (SRTB) ont reçu leurs lettres de licenciement le mercredi 12 mai 2026. Sans état d’âme, ces professionnels des médias ont été remerciés sans motif valable.

Le président du Bénin, Patrice Talon, au motif de faciliter la tâche aux investisseurs, a totalement précarisé le travail. Dans le privé comme dans le public, tout travailleur peut se faire licencier sans préavis, pour une raison quelconque. En effet, depuis l’adoption de la loi n° 2017-05 du 29 août 2017 portant les conditions et procédure d’embauche, de placement de la main-d’œuvre et de résiliation du contrat de travail en République du Bénin, les travailleurs vivent le calvaire dans le silence total.

Le licenciement collectif de 169 professionnels des médias n’en est qu’une illustration parfaite, car les licenciements effectués dans le privé se font sous prétexte de difficultés économiques. Ainsi, le fait que ces licenciements interviennent dans une société publique interpelle plus d’un et montre que le régime de Patrice Talon a traumatisé les travailleurs béninois : depuis 2017, nul travailleur n’est à l’abri.

Tout d’abord, le syndicat de la SRTB n’a été aucunement associé au processus ayant abouti au licenciement des 169 agents. Ensuite, de sources concordantes, il ressort que les conclusions de l’audit de compétences réalisé à la SRTB n’ont jamais recommandé de licencier autant de membres du personnel. De plus, les licenciements auraient dû se baser sur l’âge, les handicaps et autres facteurs empêchant les travailleurs d’exploiter leur plein potentiel au travail.

Enfin, les travailleurs licenciés n’ont bénéficié d’aucun préavis.

« Le jour J, on nous a appelés pour nous remettre une lettre de licenciement — aussi simple que cela », a confié une personne concernée à notre rédaction.

Se débarrasser ainsi de travailleurs employés depuis dix ou vingt ans, de chefs de départements et autres responsables, est pourtant rendu possible grâce au code du travail que Patrice Talon présente comme un outil pour attirer les investisseurs. Et cela se passe dans ce pays jadis surnommé le Quartier latin de l’Afrique.

Par : La Rédaction

❱❱ À lire aussi

Partager cet article

Laisser un commentaire

À lire aussi

Les rubriques — Sahel d’Afrique
Sahel d’Afrique · Rubriques

Explorez nos catégories

Toutes les rubriques

En savoir plus sur Sahel d'Afrique

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture