
La capitale du Niger s’est réveillée jeudi sous les balles. Moins de cinq mois après une première offensive spectaculaire, l’aéroport international Diori Hamani a de nouveau été la cible d’une attaque armée d’envergure, faisant au moins 13 morts selon le bilan provisoire communiqué par les autorités.
Niamey s’est réveillée ce jeudi 18 juin 2026 au son des explosions et des tirs nourris autour de l’aéroport international Diori Hamani. Selon des correspondants du Sahel d’Afrique ayant recueilli des informations sur le terrain, les premiers coups de feu ont débuté vers 06h00 (05h00 GMT) et ont duré au moins deux heures, provenant de la grande porte d’entrée de l’aéroport.
Les auteurs de l’attaque, dont certains étaient munis de ceintures explosives, ont tenté une incursion dans l’aérogare. Selon le ministère de la Défense, dans un communiqué lu à la télévision nationale, la prompte réaction des forces de sécurité a permis d’empêcher les assaillants d’atteindre l’aérogare.
Selon les autorités, le bilan provisoire fait état d’au moins onze soldats et deux civils tués, soit 13 morts au total. Plusieurs assaillants auraient également été tués, certains par des habitants du quartier Talladjé, selon des témoignages recueillis sur place.
LE CONTEXTE : UNE RÉCIDIVE PRÉVISIBLE
Cette attaque n’est pas un fait isolé. Elle ravive le souvenir de l’attaque spectaculaire menée dans la nuit du 28 au 29 janvier 2026 contre ce même complexe aéroportuaire, revendiquée par l’État islamique, qui avait mobilisé plusieurs dizaines d’assaillants lourdement armés ciblant la Base aérienne 101 et les installations militaires adjacentes. Les autorités avaient alors annoncé la neutralisation de vingt assaillants et l’arrestation de onze autres.
Cette première attaque avait, « sans aucun doute, prouvé la menace posée par l’État islamique au Sahel (EIS) et ses capacités croissantes », selon l’analyse du chercheur Wassim Nasr du Soufan Center.
UN SITE HAUTEMENT STRATÉGIQUE
L’aéroport de Niamey est un site particulièrement sensible : entre décembre et janvier, il accueillait une importante cargaison de concentré d’uranium, bloquée en attendant d’être exportée. Lors de l’attaque de janvier, le général Abdourahamane Tiani, chef du régime militaire issu du coup d’État de juillet 2023, avait évoqué « une faille dans le dispositif » ayant permis l’attaque, dont « l’objectif était de détruire toutes les capacités aériennes » de l’armée.
Le Niger est dirigé depuis près de trois ans par une junte qui peine à endiguer les violences jihadistes qui frappent le pays. Niamey a choisi de tourner le dos à son partenaire historique, la France, qu’il accuse régulièrement d’être le « sponsor » des djihadistes — ce que Paris réfute —, et s’est tourné vers des partenaires jugés « plus sincères » : la Russie, la Turquie ou l’Iran. Lors de l’attaque de janvier, c’est l’armée russe (Africa Corps) qui avait contribué à repousser l’offensive, aux côtés des Forces armées nigériennes.
CE QUI RESTE À ÉTABLIR
À cette heure, aucune revendication officielle de la nouvelle attaque du 18 juin n’a encore été publiée. L’identité précise des assaillants et l’ampleur totale des dégâts matériels restent à confirmer par les autorités nigériennes.

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