
L’arrêté n°2026-1409/MEF-SG, signé le 18 juin 2026 par le ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, en dit long sur la trajectoire prise par la transition militaire malienne. Officiellement, il s’agit de lutter contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive. Officieusement, plusieurs observateurs y voient un nouvel outil de pression contre l’opposition en exil.
La mesure, valable six mois et renouvelable, impose aux banques de bloquer les avoirs des douze personnes inscrites sur cette liste, accusées notamment de soutien au JNIM ou au Front de libération de l’Azawad, d’apologie du terrorisme ou de facilitation d’actes terroristes.
Les douze personnalités visées sont les suivantes :
- Malick Konaté (Journaliste)
- Kadidia Fofana (Ménagère)
- Sékou Tounkara (Enseignant)
- Ismaila Sacko (Ingénieur-Architecte)
- Boubacar alias Bouba Fané Soumahoro (Économiste Finance et Comptabilité)
- Cheick Mohamed Chérif Koné (Magistrat de grade exceptionnel)
- Youssouf « alias DELFRO » Doumbia (Étudiant)
- Almouzzamilou Ag Mohamed (Chef d’entreprise)
- Boubacar Sidigh Ould Taleb Sidi Aly (Fonctionnaire des Collectivités territoriales)
- Haballah Ag Hamzatta (Juriste)
- Mohamed Elmaouloud Ould Ramadane (Juriste)
- Ahmada Ag Bibi (Commerçant)
Cette décision intervient dans un contexte déjà tendu pour la presse malienne. Début juin, deux directeurs de publication avaient été placés sous mandat de dépôt à 24 heures d’intervalle : Chahana Takiou (du bihebdomadaire 22 Septembre), le 8 juin, pour des propos tenus lors du Forum panafricain des médias, puis Abdramane Keïta (du journal Le Témoin), le lendemain. Les deux affaires, instruites par le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité, avaient déjà suscité l’indignation de la Maison de la presse et de Reporters sans frontières.
Le gel des avoirs de ces douze personnalités s’inscrit dans la continuité de ce resserrement : sous couvert de lutte antiterroriste, Bamako multiplie les outils de pression contre journalistes et opposants, brouillant la frontière entre sécurité nationale et répression de la critique.

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