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Niger : Le CNSP, entre le slogan de la souveraineté et le pillage en héritage

© – Capture d’écran, membre du CNSP.

La transition nigérienne, placée sous l’égide du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP), a fait de la quête de « souveraineté » le pilier central de son action politique. Une recette en trompe l’oeil des juntes sahéliennes. Toutefois, ce narratif nationaliste est aujourd’hui rattrapé par des scandales financiers récurrents, suggérant que derrière les discours de rupture, une autre forme de gestion des ressources publiques se dessine : celle de détournements systématiques au profit d’un cercle restreint.

Le Colonel-Major Abdourahamane Amadou au centre des soupçons

Le ministère des Transports et de l’Aviation civile est aujourd’hui au cœur d’une controverse majeure. Son titulaire, le Colonel-Major Abdourahamane Amadou, fait face à des allégations de détournement portant sur 400 millions de francs CFA. Ces soupçons trouvent leur origine dans sa gestion précédente, alors qu’il était en charge des Sports lors de l’organisation de la 46ème édition du Sabre National de lutte traditionnelle, disputée en décembre 2025 à Tahoua.
Loin d’être un incident isolé, cette affaire illustre, pour de nombreux observateurs, une corrélation entre les hautes responsabilités étatiques et l’opacité budgétaire, où les grands événements nationaux servent de vecteurs à des captations de fonds massives.

Une architecture de l’opacité

La gestion des affaires publiques semble souffrir d’une déconnexion flagrante avec les aspirations du peuple nigérien. Outre le ministre des Transports, l’Administrateur Délégué de la Ville de Niamey, le Colonel Boubacar Soumana Garanké, a lui aussi été convoqué dans le cadre d’enquêtes judiciaires. D’aucuns se demandent s’il ne faut pas auditer la gestion du centenaire de ville de Niamey au regard des impairs de gestion de Garanke.

Cette multiplication des dossiers souligne une tendance préoccupante au sein de l’appareil d’État : une « souveraineté » qui, dans les faits, s’apparente davantage à une mainmise incontrôlée sur les deniers publics. Les noms de plusieurs figures de proue du régime — notamment le général Toumba, le général Mody, le général Ibro, ou encore des responsables de l’OPVN — ont régulièrement été cités dans des affaires de malversations. Pourtant, le traitement de ces dossiers semble répondre à une logique d’arbitraire plutôt qu’à une rigueur judiciaire égale pour tous.

Le cas Oubandawaki : une justice à deux vitesses

Le sort du Colonel Abou Oubandawaki, membre du CNSP et ancien Directeur Général des Douanes, cristallise cette disparité. Actuellement incarcéré, il est le seul haut dignitaire du CNSP à subir les rigueurs de la loi, là où d’autres personnalités tout aussi impliquées semblent bénéficier d’une forme d’immunité de fait.

Cette situation alimente le sentiment d’une « arnaque » institutionnelle, où la lutte contre la corruption est instrumentalisée pour écarter certains acteurs, tout en protégeant les réseaux d’influence au sein du pouvoir.

L’incarcération d’Oubandawaki apparaît, dans ce contexte, moins comme le signe d’une volonté d’assainissement que comme la preuve d’une guerre d’influence au sommet de l’État.

La souveraineté en question

Le Niger vit une contradiction majeure : d’un côté, le pouvoir revendique une indépendance totale et une fierté retrouvée face aux puissances étrangères ; de l’autre, la gestion intérieure est marquée par une prédation financière qui fragilise les fondements mêmes de la nation. En érigeant la souveraineté en paravent, le CNSP peine désormais à dissimuler une réalité où le détournement est devenu, pour beaucoup, le véritable exercice du pouvoir. Les observateurs avertis ne sont guère surpris car le général Tiani a officiellement institutionnalisé la gabegie par ordonnances. A quoi sert aujourd’hui la COLDEFF censée lutter contre la délinquance économique financière et fiscale ?

A l’épreuve des faits, nous sommes à mille lieues de la gouvernance vertueuse du Président Bazoum à comparer avec celle de ses tombeurs.


La Refondation est-elle devenue le théâtre d’un enrichissement personnel au détriment de l’intérêt général. That’s the question.

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