Ouaga : La rue rejette l’ingérence de l’UE sur le dossier Bazoum

Un rassemblement d’une centaine de personnes s’est tenu, le 28 mars 2026, sur la place de la Nation à Ouagadougou, pour manifester contre la résolution du Parlement européen exigeant la libération de Mohamed Bazoum. Il convient de rappeler que l’ancien président nigérien et son épouse sont maintenus en détention sans procès depuis juillet 2023. Alors que son mandat constitutionnel touche théoriquement à sa fin en ce mois d’avril, cette captivité qui entre désormais dans sa troisième année est dénoncée par Strasbourg comme une violation des droits fondamentaux, tandis que la rue burkinabè y voit une ingérence inacceptable.

Sous l’égide de la Coordination nationale des associations de la veille citoyenne (CNAVC), les manifestants ont brandi des slogans hostiles à l’Union européenne tout en réaffirmant leur soutien à l’Alliance des États du Sahel (AES). Pour les participants, l’organisation régionale constitue un bouclier indispensable face aux pressions diplomatiques occidentales. En privilégiant la défense de la souveraineté nationale, ce mouvement rejette toute injonction extérieure perçue comme une remise en cause des choix politiques du pays.

Toutefois, cette focalisation sur l’extérieur soulève une interrogation de conscience : la quête de souveraineté ou la rupture révolutionnaire peuvent-elles s’affranchir du respect de la dignité humaine ? En concentrant l’indignation sur l’ingérence étrangère au détriment d’un débat sur les libertés civiles et la justice nationale, ce mouvement souligne le défi majeur de concilier l’idéal de libération avec la protection rigoureuse des droits individuels au cœur du Sahel.

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