
Le Conseil supérieur de la communication (CSC) du Burkina Faso a condamné Canal+ International à payer une amende de 50 millions de francs CFA (environ 76 000 euros) pour violation de ses engagements contractuels.
La convention a été révisée le 14 février 2025 à l’initiative du pouvoir militaire, soucieux de garantir l’accès aux médias publics sans interruption et sans coût supplémentaire pour les populations. Elle prévoit, à son article 8, que Canal+ diffuse en clair l’ensemble des chaînes publiques nationales de la RTB, même après expiration des abonnements, afin de garantir le droit à l’information pour tous les citoyens burkinabè.C’est donc la junte elle-même qui a imposé cette clause à Canal+, présentant la mesure comme un acte de souveraineté au bénéfice des populations.
Ce que Canal+ n’a pas respecté.
L’opérateur maintenait des restrictions techniques obligeant les utilisateurs à envoyer un SMS pour activer la réception gratuite des chaînes publiques, une pratique jugée contraire aux termes de l’accord. Malgré un délai technique accordé et une mise en demeure en avril 2025, le CSC a constaté la persistance des manquements. L’ultimatum du 11 juin 2026 n’a pas été respecté.
Depuis l’arrivée au pouvoir d’Ibrahim Traoré, plusieurs médias étrangers ont été suspendus ou interdits de manière temporaire ou définitive : Le Monde, LCI, France 24, Radio France Internationale. La sanction contre Canal+ intervient un mois seulement après la suspension complète de TV5 Monde, accusée par Ouagadougou de désinformation et d’apologie du terrorisme lors de sa couverture d’attaques armées au Mali.
Un régime qui ferme les médias indépendants d’un côté et impose à Canal+ de diffuser les chaînes d’État de l’autre : la cohérence de cette politique est moins celle de l’intérêt public que celle du contrôle de l’information.
Canal+ dispose de 30 jours pour payer l’amende et de 30 jours supplémentaires pour se conformer techniquement. Faute de quoi, l’opérateur s’expose à des “sanctions de degré supérieur”. Le groupe français n’a formulé aucune réaction publique.

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