Présidentielle 2026 au Bénin : Le récit d’un consensus fabriqué de toutes pièces

Romuald Wadagni votant lors de la présidentielle Bénin 2026 à Lokossa.
© Crédit photo -Romuald Wadagni, le 12 avril 2026

Présidentielle au Bénin Un taux de participation surréaliste, les médias sommés de justifier le simulacre d’élection (Des consignes claires pour justifier par un ‘’consensus national’’ fictif). La Commission électorale nationale autonome (CENA) a rendu publics, le mardi 14 avril 2026, les résultats provisoires de l’élection présidentielle du 12 avril 2026 au Bénin.

Un taux de participation de 58,75% avec 94,05% des suffrages obtenus par le duo WadagniTalata et 5,95% par Hounkpè-Hounwanou. C’est ce que les autorités béninoises tentent de faire avaler aux populations qui, bien que convaincues de l’inexactitude de ces chiffres n’acquiescent ni ne rejettent. En effet, tous les béninois, exceptés ceux qui ont quelque chose à perdre, et surtout hors micro, renseignent que le taux de participation est très faible. « Nous n’avons jamais vu un tel taux de participation à une élection au Bénin. Même pas 10% », confie une dame après avoir insisté pour que son identité soit préservée. Selon les béninois, l’affluence des électeurs en ce jour du 2 avril était bien moindre que celle qu’il y avait eu lors des élections législatives et communales du 11 janvier 2026. Or, la CENA avait soutenu qu’il y avait eu un taux de participation de 36,74% en janvier 2026. De quoi arracher un commentaire d’amertume à un vieux béninois : « En janvier 36,74% des électeurs sont sortis pour désigner des élus communaux et en avril 58,75% sont sortis pour ‘’confirmer’’ un président tout fait ? Ceux qui sont allés voter en avril ne font pas le quart de ceux qui l’ont fait en janvier. Pourtant le taux d’avril est supérieur à celui de janvier ». De mémoire de béninois, des bureaux de votes n’ont jamais été aussi peu fréquentés. Et les urnes n’étaient pas remplies.

Les médias à l’annonce des résultats provisoires apportent des justifications. De sources concordantes, il ressort que tous les médias du Bénin, presses écrite, en ligne, audio et audiovisuelle sont contrôlés par l’appareil présidentiel. A telle enseigne qu’aucun média n’est en mesure de relayer des informations critiques ou contradictoires à celles voulues par les autorités au pouvoir. Ainsi donc, des consignes claires ont été données pour que le taux de participation soit justifié par le fait qu’il y a eu un consensus national autour du candidat de la mouvance, le ministre d’Etat Romulad Wadagni. En effet, Eric Houndété, Chabi Yayi et Guy Mitokpè, pour ne citer que ceux-là ont quitté le parti d’opposition ‘’Les Démocrates’’ pour soutenir Romulad Wadagni. Or, aucun de ces anciens opposants n’a une base électorale. Seul le président Boni Yayi mobilise les foules au sein des Démocrates. Quand il avait battu campagne lors des législatives 2023, les Démocrates ont réussi à avoir 28 députés. Quand il s’est abstenu, officiellement pour raison de santé en janvier 2026, les Démocrates n’ont eu que 16% des suffrages exprimés. Donc, il est clair que les transfuges de l’opposition n’ont pas du tout pesé dans la balance des électeurs. Mieux, il suffit de faire un tour sur les publications relatives au soutien qu’ils apportent au candidat de la mouvance sur les réseaux sociaux pour s’en rendre compte. Ils ont dégoûté les électeurs. L’argument de ‘’consensus national’’ ne tient donc pas. Mais aucun média ne peut le contredire. A moins d’être prêt à se présenter devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet).

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