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Niamey : La mairie Garanké, une gestion qui soulève des questions

PHOTO_ONEP – Colonel Garanké

Népotisme présumé, marchés opaques, failles sécuritaires — les signaux d’alarme s’accumulent sur la capitale nigérienne

Le port de l’uniforme protège-t-il mieux la cité que le costume ? À Niamey, la gestion municipale actuelle semble offrir une réponse cinglante à la “révolution” promise par le CNSP. Alors que les autorités militaires justifiaient leur prise de pouvoir par une rupture radicale avec les dérives civiles, le Colonel Garanké semble transformer la gestion urbaine en une zone de non-droit. Comment une administration qui se prétend le garant de la sécurité peut-elle être celle-là même qui, par légèreté ou favoritisme, livre les clés de la ville aux menaces les plus sombres ? Si les véhicules de l’attaque du 18 juin ont circulé grâce à des autorisations douteuses délivrées par la mairie, le débat sur la gestion militaire de la capitale change de nature : il ne s’agit plus seulement de mauvaise gouvernance, mais d’une mise en danger délibérée des citoyens nigériens.

Au-delà de ces enjeux sécuritaires, la Mairie de Niamey traverse une zone de turbulences profonde. Derrière les discours officiels sur la modernisation urbaine, plusieurs sources concordantes, contactées séparément et s’exprimant sous couvert d’anonymat, décrivent une institution municipale fragilisée par des dysfonctionnements graves touchant la mobilité, l’assainissement et la gestion des fonds publics.

La Mairie de Niamey n’a pas répondu aux demandes de commentaires formulées avant publication.

Des autorisations attribuées en dehors des règles

Dans le secteur du transport urbain, l’attribution de certaines autorisations d’exploitation de la voie publique n’obéirait pas aux procédures de transparence prévues par le Code des marchés publics nigériens. Des liens supposés entre bénéficiaires et l’entourage direct de l’Administrateur Délégué, le Colonel Garanké, sont évoqués par plusieurs sources. Ces allégations appellent une vérification formelle des organes de contrôle compétents.

L’assainissement, secteur à hauts risques de dérive

Dans le domaine de l’hygiène urbaine, des contrats de collecte et de nettoyage auraient été attribués à des entités dont la capacité opérationnelle n’aurait fait l’objet d’aucune vérification sérieuse. Le résultat est visible dans les rues de plusieurs quartiers de la capitale : des prestations minimales, sans suivi réel, pour des fonds publics engagés.

L’attaque du 18 juin : la faille des numéros de portières

C’est le volet le plus alarmant. Des véhicules impliqués dans l’attaque du 18 juin à Niamey auraient été porteurs de numéros de portières délivrés dans des conditions opaques, sans vérification préalable des antécédents des demandeurs. Si cette information se confirme auprès des autorités judiciaires compétentes, elle révèle une faille administrative aux conséquences sécuritaires majeures pour la capitale.

Des agents municipaux livrés à eux-mêmes

Sur le terrain, les agents de la Police Municipale déployés dans la zone de la Ceinture Verte témoignent d’un dénuement préoccupant : pas d’équipements de communication opérationnels, pas de protection individuelle adéquate. Dans un Niger confronté à des menaces asymétriques documentées, cette situation relève d’une défaillance managériale inacceptable.

Restitution de fonds : une procédure en cours

Les autorités de tutelle auraient demandé à l’Administrateur Délégué de restituer des fonds engagés dans le cadre des activités de la direction municipale et de ses services rattachés. La Direction des Équipements Marchands — l’une des plus stratégiques de la Mairie — serait également concernée. Son titulaire présumé, l’ancien député de Goudel Djafar Moumouni Kalilou.

La Mairie de Niamey n’est pas un patrimoine privé. Elle gère une capitale d’un million d’habitants avec des fonds publics. Les autorités de tutelle et les organes de contrôle — Cour des Comptes, Inspection Générale d’État — sont désormais interpellés. Le silence face à ces faits vaudrait complicité passive.

Les parties mises en cause disposent d’un droit de réponse ouvert.

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