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Niger — BEPC 2026 : la police confirme la fraude par un avis de recherche, les enseignants et parents exigent la démission de la ministre

©️ – Dr Elisabeth Shérif

Notre rédaction avait sonné l’alarme le 27 juin 2026. Dans un article publié sur Sahel d’Afrique — intitulé « Niger — Dr Elisabeth Shérif : hier avec Tchangari pour la vérité, aujourd’hui complice de la junte dans le naufrage de l’école nigérienne » — nous avions documenté, avec précision et sur la base de sources recoupées, l’effondrement organisationnel du BEPC session 2026 et la responsabilité directe de la ministre de l’Éducation nationale dans ce désastre.
Vingt-quatre heures plus tard, un document officiel de la Police nationale vient confirmer, point par point, ce que nous avions établi.

Le document qui valide notre enquête

Le Message radio N°052, émanant du Commissariat de Boukoki, signé et tamponné, daté du 28 juin 2026, adressé à toutes les unités de la Police nationale, de la Gendarmerie nationale et de la Garde nationale du Niger, lance un avis de recherche actif contre Bachir Lawali Maïga, alias « Cech » — 21 ans, agent à Amana Transfert d’argent, enseignant de cours privés à domicile, domicilié au quartier Lazaret.

Le document est sans ambiguïté : l’intéressé est présumé être le principal organisateur d’un réseau de vente d’épreuves corrigées aux candidats du BEPC 2026.

Ce que certains pouvaient encore qualifier d’allégations lors de la publication de notre article du 27 juin est désormais le fondement d’une enquête judiciaire officiellement ouverte. Notre article disait vrai. Ce document en est la confirmation institutionnelle.

Une gestion chaotique et des zones sinistrées

Au-delà de la fraude, l’organisation de cette session 2026 révèle des failles profondes. Dans les régions de Dosso, Diffa, Tillabéri et Tahoua, plusieurs candidats n’ont pas pu composer à cause de l’insécurité. Pourtant, malgré cette réalité du terrain, la ministre a exigé de les comptabiliser parmi les candidats officiels, ajoutant une confusion administrative à la détresse des élèves.

À Tillabéri, dans des communes rurales comme Gorouol et Inatès, le constat est amer : les salles d’examen sont restées désertes pour de nombreux candidats absents.

La responsabilité directe de la ministre et de son staff

Les enseignants accusent la ministre de l’Éducation nationale, Dr Elisabeth Shérif, et son staff d’être à la base de la fuite ; pour cela, elle doit rendre le tablier. Cette fuite constitue une faute grave contre la crédibilité des examens.

Leur message est identique, formulé avec une fermeté qui ne laisse place à aucune interprétation : ils exigent le départ immédiat de Dr Elisabeth Shérif de son poste de ministre.

Ils ne réclament pas une commission d’enquête supplémentaire. Ils posent une exigence simple, fondée sur une réalité que notre article du 27 juin a documentée : sous la supervision de Dr Elisabeth Shérif, les sujets ont fuité, des candidats ont été privés d’examen, et l’école nigérienne a subi l’une des humiliations les plus graves de son histoire.

Les parents rejoignent l’appel

Notre rédaction a également été contactée par six parents d’élèves, issus de régions différentes, qui ont tenu à garder l’anonymat en raison du contexte politique et sécuritaire.

Leur témoignage est unanime : ils s’associent aux enseignants pour réclamer la démission immédiate de la ministre.

Ces parents, souvent confrontés à l’insécurité et à la pauvreté, peinent à subvenir aux besoins de leurs enfants mais continuent de croire en l’école comme unique espoir d’avenir. Pour eux, voir les examens trahis par des fuites est une humiliation insupportable. Certains sont allés plus loin, dénonçant que « l’éducation nigérienne est en train de perdre sa valeur » et affirmant qu’il est urgent que la ministre rende sa démission.

La question centrale : qui a transmis les sujets ?

Bachir Lawali Maïga a 21 ans. Rien dans ce profil ne lui confère le moindre accès légitime aux sujets d’examens nationaux. La question est donc incontournable : qui les lui a transmis ?

Le regard doit se porter sur ceux qui gardent les sujets. La source d’une fuite de cette ampleur se trouve nécessairement en amont, dans les coulisses du ministère lui-même.

Ce que l’enquête doit impérativement établir

L’arrestation du présumé revendeur ne saurait clore cette affaire. L’enquête judiciaire devra remonter la filière et établir :

  • Qui, dans le dispositif officiel du ministère, a manipulé les sujets avant leur fuite.
  • Qui a permis — par négligence ou complicité — que ces documents quittent le périmètre sécurisé.
  • L’identification et la sanction de tous les responsables, de la source interne jusqu’au revendeur.

Couper les branches sans toucher la racine serait une mascarade. Les enseignants et les parents réclament également la réintégration des cadres compétents écartés au profit de nominations politiques.

Le Message radio N°052 de la Police nationale est en notre possession. Il constitue une pièce officielle authentifiée. Toute personne mise en cause bénéficie de la présomption d’innocence jusqu’à décision judiciaire définitive.

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