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Burkina Faso : la junte fait taire les prédicateurs, un silence de plus dans la liste

© Émile Zerbo, Ministre d’État chargé de l’Administration territoriale et de la Mobilité au Burkina Faso.

Le schéma se répète à chaque fois : une loi présentée comme protectrice, suivie de sanctions administratives rapides, puis, pour les voix les plus gênantes, des disparitions ou arrestations sans explication. Les interdictions visant Omar Sankara et Idrissa Sawadogo s’ajoutent donc à une liste déjà longue de leaders religieux, associatifs ou politiques réduits au silence depuis l’arrivée au pouvoir d’Ibrahim Traoré.

Cohésion sociale ou verrouillage du champ religieux ?

Le pouvoir burkinabè justifie chacune de ces mesures par la nécessité de préserver l’unité nationale dans un pays toujours confronté à une insurrection djihadiste meurtrière. L’argument sécuritaire n’est pas sans fondement : le Burkina Faso reste l’un des pays les plus touchés au monde par le terrorisme, et la prévention de la radicalisation y est un enjeu réel.

Mais la répétition du procédé — accusations vagues, absence de preuves rendues publiques, absence de voie de recours connue, disparitions non élucidées de ceux qui critiquent ouvertement la loi — interroge sur la frontière entre lutte légitime contre l’extrémisme et musellement de toute contestation, y compris religieuse, du pouvoir militaire. Quand un imam réputé proche du régime disparaît pour avoir simplement appelé Ibrahim Traoré à la « vigilance », il devient difficile de croire que seule la radicalisation est visée.

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