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Centrafrique — l’Église endeuillée : l’abbé Monga assassiné devant son presbytère à Zémio

L’abbé Crépin Martial Monga, vicaire de la paroisse Saint-Jean-Baptiste dans le diocèse de Bangassou à Zémio dans la région (Haut-Mbomou), a été tué dans la soirée du lundi 29 juin devant son presbytère, selon plusieurs sources locales concordantes. Ce meurtre intervient quatre jours après celui d’Ida Emahénga, figure connue de la communauté locale.

Si aucune communication officielle des autorités judiciaires ou sécuritaires n’a été publiée à ce jour concernant les circonstances de ce drame, l’Église a pour sa part annoncé l’ouverture d’une enquête.

L’abbé Monga coordonnait le Comité local de paix et de réconciliation (CLPR) de Zémio, structure de médiation entre communautés, autorités locales et acteurs présents dans la région. Dans le Haut-Mbomou comme dans plusieurs autres préfectures du pays, c’est souvent l’Église catholique, à travers ses prêtres et ses structures paroissiales, qui assume de fait ce rôle de médiation et de protection des populations — une mission qui devrait pourtant relever des forces de défense et de sécurité de l’État. Cette suppléance, récurrente, traduit l’abandon dans lequel se trouvent ces zones reculées, livrées à elles-mêmes face aux groupes armés.

La préfecture du Haut-Mbomou connaît depuis plusieurs semaines une dégradation sécuritaire marquée par des violences armées et d’importants déplacements de population vers la RDC voisine. Des organisations de défense des droits humains appellent à l’ouverture d’une enquête indépendante.

Ce drame s’inscrit dans une série inquiétante d’assassinats visant des responsables religieux en Afrique. Dans la nuit du 5 au 6 juin, Monseigneur Osório Citora Afonso, évêque de Quelimane au Mozambique, avait été tué par balle dans sa résidence épiscopale, après que des individus s’y furent introduits. Trois personnes, dont un prêtre du diocèse, ont depuis été arrêtées dans le cadre de l’enquête. Cette succession de meurtres rappelle la vulnérabilité croissante des figures religieuses engagées sur le terrain, en particulier dans les régions où l’État peine à assurer une présence sécuritaire effective.

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