
BAMAKO – La liberté de la presse au Mali traverse une nouvelle zone de turbulences. Youssouf Sissoko, Directeur de publication du journal L’Alternance, a été placé sous mandat de dépôt ce vendredi 6 février 2026, suite à son arrestation intervenue la veille à Bamako. Cette décision judiciaire fait suite à la parution, le lundi 2 février 2026, d’un article intitulé « Le Général Tiani sous le coup de l’émotion accuse Macron, Ouattara et Talon ». Dans cet écrit, le journaliste analysait de manière critique la posture de la junte nigérienne, notamment à la suite de l’attaque terroriste survenue fin janvier 2026 à l’aéroport militaire de Niamey. Le parquet du Pôle national de lutte contre la cybercriminalité a ainsi retenu contre lui les charges d’« atteinte au crédit de l’État » et d’« offense à un chef d’État étranger ».
Dans un communiqué publié depuis Genève, le Panel des Démocrates a fermement condamné ce qu’il qualifie d’« emprisonnement arbitraire ». L’organisation dénonce une instrumentalisation de l’appareil judiciaire visant à réprimer la liberté d’expression et les droits civiques au Mali. Elle appelle les magistrats à se désavouer des réquisitions du parquet pour ordonner la libération immédiate de Youssouf Sissoko. Le Panel rappelle également que cette arrestation s’inscrit dans un contexte de tensions régionales au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES) et profite de cette tribune pour demander la libération d’autres figures de la société civile actuellement détenues, à l’instar de Fily Sissoko, Rokia Doumbia ou Clément Dembélé.
Connu pour son indépendance éditoriale, Youssouf Sissoko n’en est pas à son premier bras de fer avec les autorités de transition. Cette nouvelle incarcération suscite une vive émotion au sein de la corporation des journalistes et soulève des questions cruciales sur l’espace laissé à la critique journalistique dans le pays. Pour les observateurs et les organisations de défense des droits humains, cette situation traduit une volonté de réduire au silence les voix discordantes face à la gestion sécuritaire et politique actuelle de la région.


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