
Le 10 juillet 2026, le préfet de Téra, le capitaine Elhadji Madi Almoustapha, a ordonné la fermeture « jusqu’à nouvel ordre » de onze marchés hebdomadaires (Téra, Diagourou, Gorouol) et a interdit toute circulation de véhicules sur la « bande Sud » du département, invoquant des « raisons de sécurité » ainsi que des messages radio des services de sécurité en date du 8 juillet.
Loin d’être un fait isolé, cette mesure s’inscrit dans une gestion marquée par le tâtonnement et l’impuissance. Pour de nombreux observateurs de la scène politique nigérienne, le retour à ces méthodes coercitives, trois ans après le coup d’État de juillet 2023, témoigne de l’incapacité du pouvoir actuel à endiguer la menace jihadiste. Selon ces mêmes analystes, la junte du général Tiani en est réduite à répéter les mêmes réponses d’urgence, sans aucune échéance ni stratégie de sortie, prouvant que la menace qu’elle prétend contrôler n’a fait que s’intensifier sous sa gouvernance.
Signé par un officier militaire à la tête d’une administration civile, cet arrêté illustre la place prépondérante prise par les cadres des Forces de défense et de sécurité dans la gestion des territoires depuis l’arrivée du CNSP au pouvoir. Un choix présenté par les autorités comme une nécessité opérationnelle, mais qui, faute de résultats concrets, ne fait que confirmer une réalité implacable : la situation sécuritaire s’est nettement aggravée depuis la prise de pouvoir du 26 juillet 2023, laissant les populations civiles prises au piège d’un état d’exception devenu la norme.


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