
Absent de la scène publique depuis les événements sécuritaires majeurs du 25 avril, le chef de la transition malienne a repris ses activités officielles. Après 72 heures d’absence totale, le Général Assimi Goïta a finalement réapparu à Koulouba pour recevoir l’ambassadeur russe, au moment où le pays s’interroge sur l’ampleur du désastre sécuritaire.
Le sommet de l’État malien a finalement rompu un silence de trois jours. Ce mardi 28 avril 2026, le Général d’armée Assimi Goïta a repris ses activités publiques à la suite de la série d’attaques coordonnées qui a ébranlé le pays le week-end dernier. Pour ce retour sur la scène médiatique, le chef de l’État a privilégié un cadre diplomatique : une audience officielle avec l’ambassadeur de la Fédération de Russie au Mali, Igor Gromyko.
Une reprise de contact sous le signe de l’alliance russe
Alors que les rumeurs les plus diverses circulaient sur l’absence du chef de la transition, cette rencontre diplomatique vient confirmer sa présence à Bamako. Au cours de l’entretien, Igor Gromyko a réaffirmé le soutien de Moscou, saluant la coopération militaire entre les deux pays dans un contexte où les forces conjointes ont subi d’importants revers tactiques, notamment dans le nord du pays.
Toutefois, cette modalité de communication interpelle les observateurs. En privilégiant l’image diplomatique avec son principal partenaire militaire plutôt qu’une reprise de contrôle réelle face à l’avancée terroriste, Assimi Goïta semble vouloir projeter une image de continuité et de stabilité internationale malgré la crise interne profonde et l’urgence de garantir la sécurité du peuple.
Le 25 avril : un séisme sécuritaire en suspens
Cette réapparition intervient dans un climat de deuil et d’incertitude. La journée du 25 avril reste marquée par une offensive d’une envergure inédite sur le territoire malien. Pour la première fois, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et le Front de libération de l’Azawad (FLA) ont affiché une unité d’action aux conséquences dévastatrices.
Un retour, mais des questions persistantes
Si l’audience avec l’ambassadeur russe met fin aux spéculations sur une éventuelle exfiltration du chef de l’État, elle ne dissipe pas les interrogations sur le mutisme observé pendant 72 heures. Pour de nombreux analystes, ce silence a été perçu comme le signe d’un appareil d’État momentanément désorienté par la violence et la synchronisation des attaques.
L’image officielle, bien que figée dans le protocole diplomatique, peine à occulter la réalité d’un terrain militaire en pleine mutation. Le défi pour Assimi Goïta est désormais double : stabiliser les points stratégiques du pays et restaurer une communication de crise capable de rassurer une opinion nationale frappée de stupeur par la soudaineté des événements.
Par : Moussa Mahamadou Nazirou





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