Mali : La crise énergétique s’aggrave malgré les promesses

Le Mali traverse depuis plusieurs semaines une crise sans précédent. Les stations-service sont vidées, et de longues files d’attente se forment aux rares points de distribution encore approvisionnés. Par ailleurs, l’électricité est très instable. Certains quartiers subissent des coupures durant dix à vingt-quatre heures d’affilée.

Une triple pénurie frappe le pays

Outre le carburant et l’électricité, une pénurie d’eau potable complique la vie des habitants. Plusieurs quartiers manquent d’eau pendant plusieurs jours. Ce quotidien devient très difficile pour une population qui espérait mieux après cinq ans de transition militaire.

Les causes de la crise du carburant

Cette situation n’est pas arrivée par hasard. Depuis début septembre 2025, les jihadistes du JNIM multiplient les attaques sur les routes. Ces axes relient Bamako aux ports en Côte d’Ivoire et au Sénégal. Par conséquent, l’approvisionnement du pays se bloque progressivement.

Une réaction tardive de la junte

La junte a réagi tardivement et de façon insuffisante. Les convois de camions-citernes sont arrivés à Bamako à partir du 1er avril 2026 seulement. Bien qu’escortés par l’armée, ils n’ont pas calmé l’impatience des habitants. De plus, les prix des carburants ont augmenté le 28 mars 2026. Le super a grimpé de 13 % et le gasoil de 29 %. Cette hausse pèse lourd sur une population déjà appauvrie. Enfin, le ministre de l’Industrie et du Commerce attribue la pénurie à de la spéculation et la rétention, un discours qu’on entend à chaque crise.

L’échec de la promesse énergétique

Cette crise énergétique montre surtout à quel point le régime a échoué. Pourtant, le Premier ministre avait promis un accès à l’électricité 24 heures sur 24 d’ici 2026. Sur le terrain, cette promesse semble désormais impossible. Par ailleurs, de nouvelles taxes frappent les services téléphoniques. Officiellement, cet argent finance un fonds de soutien à l’énergie. Cependant, la présidence gère ce fonds de façon assez opaque. Les habitants de Bamako se demandent aujourd’hui, avec raison : où est passé tout cet argent ?

Une dépendance pétrolière persistante

Le Mali dépend toujours fortement des importations de produits pétroliers. Le pays ne possède aucune raffinerie en état de marche. De plus, il manque de réserves stratégiques suffisantes pour couvrir plusieurs semaines de consommation. Après une demi-décennie de junte, cette fragilité structurelle n’a pas changé.

Entre discours de souveraineté et réalité sociale

La situation à Bamako en avril 2026 n’est pas une fatalité. C’est le résultat d’une gestion qui a privilégié les discours sur la souveraineté. Au détriment de l’investissement dans les infrastructures essentielles. Par conséquent, la colère monte dans la capitale. Elle se manifeste sur les réseaux sociaux, mais aussi dans les « grins » et certains médias nationaux.

Une reconnaissance tardive des autorités

Pendant que le général Assimi Goïta célèbre une révolution, ses concitoyens font la queue pour de l’eau. Lors du conseil des ministres du 1er avril, le gouvernement a enfin réagi. Il a adopté des mesures pour créer un stock national couvrant 45 jours de consommation. Pour les autorités, c’est une avancée. Pourtant, cela ressemble surtout à une reconnaissance tardive d’un laxisme de cinq ans.

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